Critique Titane de Julia Ducournau

Publié le 19 juillet, 2021 | par @avscci

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Titane de Julia Ducournau

Voici sans doute le deuxième film le plus attendu du moment. Le précédent, Grave, a valu en 2016 à sa réalisatrice Julia Ducournau d’être saluée comme une révélation et d’accumuler les sélections dans les festivals les plus prestigieuses, même si ce phénomène loué par les amateurs de cinéma bis n’a pas remporté de récompense majeure et n’a concrétisé aucune de ses nominations aux César. Un film de genre réalisé par une femme avait cependant tout pour cocher des cases inconciliables dans la tradition d’un cinéma français où l’ivresse de la loghorrée se substitue le plus souvent à l’ambition formelle. C’est dire la pression écrasante qui reposait sur ses épaules. Titane creuse ce sillon dans une veine encore plus radicale et lorgne vers le David Cronenberg de Crash par son association morbide de chair, de sang et de métal hurlant. Blessée à la tête dans un accident de la route, une enfant devenue femme en conserve de graves séquelles psychologiques qui se traduisent par de subits accès d’une violence incontrôlée, une identité sexuelle brouillée et un besoin d’amour inassouvi. Jusqu’au moment où elle se laisse adopter par un pompier qui cherche son fils porté disparu depuis des années et où ces deux êtres à la dérive vont voir l’un dans l’autre l’espoir d’une rédemption en recomposant un improbable noyau familial. Julia Ducournau ne cherche jamais à nous faire aimer ces personnages hors sol campés avec maestria par Agathe Rousselle et Vincent Lindon, se garde bien de les juger, pas plus qu’elle ne les plaint. Mais il y a dans leur détresse une flamme qui vacille.

Jean-Philippe Guerand

Film français de Julia Ducournau (2021), avec Vincent Lindon, Agathe Rousselle, Garance Marillier 1h48.

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