Critique Les Sorcières de l'Orient de Julien Faraut

Publié le 3 août, 2021 | par @avscci

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Les Sorcières de l’Orient de Julien Faraut

Retour sur une équipe de volley-ball féminin qui fut pionnière au point de devenir mythique au sein d’un sport japonais toujours prompt à mythifier ses athlètes. Déjà à l’origine de L’Empire de la perfection (2018), un documentaire clinique consacré aux performances tennistiques de John McEnroe, Julien Faraut a pour lui un regard qui fait toute la différence. Pas question pour lui de débiter des success stories de champions. Ce qu’il apprécie par-dessus tout, ce sont les performances hors du commun. Il célèbre cette fois des ouvrières d’une usine textile qui ont constitué une équipe devenue championne olympique aux Jeux de Tokyo en 1964 et sont entrées dans la légende en devenant des héroïnes de mangas et des icônes de la pop culture. Des femmes malicieuses dont la complicité et les exploits sportifs étaient cimentés par un esprit d’équipe à toute épreuve. Julien Faraut nous présente ces “sorcières de l’Orient” comme des déesses modernes qui ont aujourd’hui l’âge d’être grands-mères et portent sur le monde qui les entoure un regard pétri de sagesse. Ces championnes devenues malgré elles des héroïnes de fiction ne sont ni des féministes militantes ni des donneuses de leçons. Juste des Japonaises drapées dans leur réserve naturelle qui pouffent de se retrouver pour évoquer un passé glorieux évoqué à travers des images d’archive. C’est la parole de ces survivantes d’un âge d’or révolu qui baigne cette évocation atypique d’une épopée collective placée sous le signe de l’unité et de l’effort où la formule “une pour tous, tous pour une” prend plus que jamais pleinement son sens.

Jean-Philippe Guerand

Film documentaire français de Julien Faraut (2021), avec Hirofumi Daimatsu, Yuko Fujimoto, Yuriko Handa, Sata Isobe. 1h44.

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