Critique Le trésor du Petit Nicolas de Julien Rappeaneau

Publié le 21 octobre, 2021 | par @avscci

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Le Trésor du Petit Nicolas de Julien Rappeneau

Après Le Petit Nicolas (2009) et Les Vacances du Petit Nicolas (2014) réalisés soigneusement par Laurent Tirard, le troisième opus des aventures du jeune héros imaginé par Sempé et Goscinny a été confié à Julien Rappeneau, fils de Jean-Paul passé par l’écriture qui a déjà signé une jolie chronique de l’enfance avec Fourmi (2019) d’après une BD de Mario Torrecillas et Arthur Laperla. Excellente initiative que de confier les rênes du Trésor du Petit Nicolas à ce metteur en scène passionné de bande dessinée et de romans graphiques qui avait déjà puisé l’inspiration de Rosalie Blum (2015) chez Camille Jourdy. Non seulement il respecte à la lettre les codes de ce petit héros en culottes courtes, et notamment l’insouciance fantasmée des années 60, mais il a la bonne idée de s’inspirer de certains gimmicks du cinéma de l’époque, à commencer par la poésie de trois films phares : Le Ballon rouge (1956) d’Albert Lamorisse, l’adaptation par Louis Malle de Zazie dans le métro (1960) de Raymond Queneau et La Guerre des boutons (1962) d’Yves Robert. Le langage est aussi celui de cette époque avec ses expressions désuètes et ses formules conservées précieusement dans la naphtaline. Le Trésor du Petit Nicolas est le plus réussi des pans de cette trilogie en devenir. Parce que sa nostalgie a quelque chose d’indéniablement authentique et sa représentation de la France périurbaine raccorde parfaitement avec celle filmée “à chaud” par Jacques Tati dans les séquences les plus réalistes de Mon oncle (1958). Avec, en prime, une formidable galerie de personnage confiée à des interprètes prestigieux qui jouent le jeu avec respect mais sans jamais chercher à tirer la couverture à eux outre mesure, ni surtout à moderniser ce film qui fascine par son soin maniaque à reconstituer une époque.

Jean-Philippe Guerand

Film français de Julien Rappeneau (2020), avec Ilan Debrabant, Jean-Paul Rouve, Audrey Lamy, Pierre Arditi, Grégory Gadebois, Jean-Pierre Darroussin. 1h43.

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