Critique Le peuple loup de Tomm Moore et Ross Stewart

Publié le 21 octobre, 2021 | par @avscci

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Le peuple loup de Tomm Moore et Ross Stewart

Tomm Moore (Brendan et le secret de Kells, Le Chant de la mer) revient avec un film qui trouve à nouveau ses racines dans l’histoire et l’imaginaire irlandais : en 1650, à Kilkenny, le “Lord Protector” anglais chargé de dompter le pays veut définitivement en finir avec le loup, symbole de cette part de magie et de fierté sauvage qu’il craint tant chez ses administrés. Robyn, une fillette d’une dizaine d’années, est très fière que son père soit chargé d’accomplir cette tâche. Jusqu’au jour où elle rencontre Mebh, une petite fille capable de se transformer en loup… On voit bien le potentiel de cette jolie histoire d’amitié, matinée d’éléments historiques (la résistance du peuple irlandais face à l’envahisseur) et de message écologique (la nécessité pour l’homme de rester connecté avec la nature). La beauté absolue de la végétation est d’ailleurs présente dans toutes les scènes de forêt, dont les formes arrondies et les teintes mordorées tranchent violemment avec la ville sombre et anguleuse. On est également fasciné par les “Wolfwalkers”, ces êtres qui parviennent à allier humanité et animalité.

Malheureusement, l’énergie, la beauté et la poésie du propos se diluent dans un récit manichéen et peu inspiré, qui utilise le mythe du wolfwalker comme à un simple prétexte pour multiplier les scènes d’action trépidantes, les rebondissements convenus, et les situations inutilement anxiogènes. De fait, le film manque de personnalité, et passe à côté du charme et de l’émotion qui faisaient la force des précédents longs métrages du réalisateur.

Wolfwalkers,. Film d’animation irlandais de Tomm Moore et Ross Stewart (2020), avec Lévanah Solomon, Lana Ropion, Serge Biavan. 1h43

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