Critique Gagarine de Fanny Liatard et Jeremy Trouilh

Publié le 22 juin, 2021 | par @avscci

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Gagarine de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh

Youri, 16 ans, vit dans la cité Gagarine. Youri Gagarine. Le lien est là, il est gros, explicite, mais pour leur premier long métrage, les réalisateurs n’ont pas voulu faire dans le subtil. Ils nous racontent donc l’histoire d’un jeune garçon qui se lance dans une mission désespérée pour sauver sa cité menacée de démolition. Délaissé par sa mère et alors que tous les habitants se sont résignés à déménager, Youri transforme son appartement en station spatiale, se protégeant ainsi du monde extérieur. Les murs se parent alors de rouge, de vert, de violet, la lumière naturelle diminue, nous entrons dans la nuit, dans le rêve, dans un espace imaginaire. Loin d’être un énième film sur les tensions dans les cités, Gagarine se concentre sur ce jeune adolescent qui voudrait devenir cosmonaute et s’envoler loin de ses soucis terrestres. Toutefois, les réalisateurs n’évacuent pas totalement les thématiques sociales et politiques, un de leur personnage affirme d’ailleurs : « Les banlieues célestes, ça brille moins, mais sans ça, l’étoile survit pas. ». Les cités deviennent des astres silencieux, gravitant autour dune capitale qui ne les entend plus, mais qui demeurent indispensables à l’équilibre du système.

Avec Gagarine, nous suivons donc un Youri abandonné, solitaire, dans sa station orbitale coincée sur Terre. Cette nouvelle odyssée de l’espace devient une odyssée contre l’oubli, le cri déchirant d’une nouvelle génération en quête de repères, de racines et d’héritages dont les rêves sont démolis, anéantis. Le film est tourné au cœur de la cité, juste avant sa démolition, il devient alors un témoignage du passé, inscrivant ainsi Gagarine dans la mémoire collective.

Camille Sainson

Film français de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh (2020), avec Amine Bouhafa, Evgueni Galperine, Sacha Galperine. 1h37.

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