Critique La tendre indifférence du mon de Laskovoe Bezrazlichie Mira

Publié le 24 octobre, 2018 | par @avscci

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La Tendre indifférence du monde de Laskovoe Bezrazlichie Mira

Le cinéma kazakh continue de souffrir de la compétition illégitime de l’encombrant voisin russe, et d’infrastructures pas toujours à la hauteur des ambitions des jeunes cinéastes. Après The Owners, en 2014, Adilkhan YERZHANOV continue à tenter de faire émerger cette cinématographie, cette fois soutenu par quelques fonds étrangers. Son nouveau long métrage, en contant l’histoire d’une sorte de géant du village, accompagnant une belle dans le monde impitoyable de la ville, tente un improbable mélange. Nous sommes ici au croisement du conte, d’une forme plaidoyer social étalonnant, et d’une version slave du décalage propre aux frères KAURISMAKI. La réalisation fige en des tableaux parfois fascinants les démêlés drôles et finalement tragiques de ces deux intrus dans le Kazakhstan moderne. Le cliché pourrait menacer, il se tient toujours dans un coin du cadre, mais le regard du cinéaste, sa fascination pour un esthétisme chromo mais touchant, tire le film vers le haut. Ce qui pourrait être pataud parvient souvent, par la grâce des acteurs, par une forme de légèreté permanente, surtout au cœur du drame, à se transformer et à s’affiner. Le film impose un ton devant encore beaucoup à de prestigieux maîtres mais porte aussi, dans bien des séquences et dans son atmosphère globale, une patte qui s’épanouira peut-être très vite.

Pierre-Simon Gutman

Laskovoe Bezrazlichie Mira. Film franco-kazakh d’Adilkhan YERZHANOV (2018), avec Dinara BAKTYBAYEVA, Kuandyk DUSSENBAEV, Kulzhamiya BELZHANOVA. 1h39.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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