Critique Bergman Island de Mia Hansen Love

Publié le 19 juillet, 2021 | par @avscci

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Bergman Island de Mia Hansen-Love

Il y a deux films dans le dernier long métrage de Mia Hansen-Love, et pas de vraie égalité entre les deux. Le premier constitue l’essentiel de la narration, et reprend le principe auto biographique ayant irrigué déjà une importante partie de l’œuvre de l’autrice. Soit un couple de cinéastes, dont l’homme constitue la moitié plus âgée et installée, qui prend ses quartiers à Faro, l’île de Bergman donc, afin que chacun puisse écrire son nouveau film tout en s’inspirant de l’inévitable figure du maître Ingmar. Cette partie, facilement déchiffrable dans l’évidente inspiration, par le mariage de la cinéaste avec Olivier Assayas, est double d’une histoire meta, bâtie par le scénario, qui devient à l’image un film, que raconte l’héroïne à son époux, sur une jeune réalisatrice confrontée à son premier amour. Les disparités entre ces deux éléments sont peut-être riches d’enseignements sur le futur de la cinéaste. L’autobiographie ressemble de plus en plus à un piège, où une certaine forme de manque de distance handicape la profondeur, la lucidité, qui revient par contre à pleine force dans le récit à l’intérieur du récit. Subitement, un souffle est à nouveau là, une pulsion romanesque étrangement absente de la description un peu creuse du mariage des deux artistes. Une dernière surprise complète le tableau : la dimension comique de la description de ce parc d’attractions consacré à l’austère Ingmar dessine un don pour ce genre peu perçu auparavant, et qui mériterait peut-être d’être exploré.

Pierre-Simon Gutman

Film français de Mia Hansen-Love (2020), avec Tim Roth, Vicky Krieps, Mia Wasikowska. 1h59.

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