L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critiques de films Tout l'argent du monde de Ridley Scott

Publié le 27 décembre, 2017 | par @avscci

0

Critique – Tout l’argent du monde de Ridley Scott

Comme Patty Hearst, le baron Empain ou Freddy Heineken (pour ne parler que de trois enlèvements célèbres ayant donné lieu à un film), le petit-fils de J. Paul Getty a passé quelques temps dans un cul de basse fosse en attendant que ses proches passent à la caisse. L’enlèvement a eu lieu à Rome, en 1973, à un moment où la dolce vita de la décennie précédente montre quelques signes de faiblesse et que se profilent les sinistres années de plomb. Ridley Scott sait faire des films, on ne lui ôtera jamais cela, et Tout l’argent du monde est des plus efficaces. Tant pour ce qui est des rebondissements d’une négociation entre la mère de l’ado et les ravisseurs qui se prolonge de façon mortifère, que pour les liens qui se tissent entre la victime et son geôlier, incarné par Romain Duris, très vite dépassé par les événements, au fur et à mesure que la Mafia s’immisce dans le jeu. Les scènes d’action sont remarquablement menées, notamment les chassés croisés de la séquence finale, quand le suspense se taille une jolie place au cœur de ce village où chacun refuse de voir ou d’entendre quoi que ce soit. Mais les plus belles scènes, finalement sont celles qui donnent au film son ampleur, lui permettant de sortir de sa gangue de film de genre, ce sont celles où Paul Getty, le milliardaire, tient la vedette. Pour exprimer sa vision du monde et son rapport très particulier à l’argent. Un héros shakespearien… Ces scènes sont d’autant plus remarquables que, comme chacun sait, le rôle était tenu par Kevin Spacey. Jusqu’à ce que le monde apprenne qu’il était de ces prédateurs sexuels qu’il était urgent de faire disparaître du paysage médiatique. Toutes les scènes où Spacey apparaissait ont ainsi été retournées, avec Christopher Plummer. Qui a davantage l’âge du rôle soit dit en passant, et est proprement formidable.

Yves Alion

All the money in the world. Film américain de Ridley Scott (2017), avec Mark Wahlberg, Michelle Williams, Christopher Plummer. 2h 15.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  




Back to Top ↑