L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Une jeunesse dorée d'Eva Ionesco

Publié le 18 janvier, 2019 | par @avscci

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Une jeunesse dorée d’Eva Ionesco

1979, avant le sida. Tout est permis. C’est la « parenthèse enchantée ». Fabrice Emaer vient de rouvrir le Palace à Paris. On peut se prendre pour les enfants terribles de Cocteau, pour Musset et George Sand, pour Zelda et Fitzgerald, on peut rejouer Les Liaisons dangereuses. Les Incroyables et les Merveilleuses de ce temps-là s’appellent Alain Pacadis, Farida Khelfa, Kenzo, Louboutin, Gaultier, Loulou de la Falaise, mais aussi Roland Barthes ou Mick Jagger. Eva Ionesco a alors 14 ans. Quarante ans plus tard elle raconte ce moment inouï, qui à l’époque semblait déjà un rêve éveillé. Après son premier film, Little Princess, récit d’une enfance maltraitée, elle poursuit son autobiographie avec cet instant de dangers et de risques, sans cacher les hypocrisies, les illusions, les vertiges parfois suicidaires. Mais elle raconte surtout la liberté d’une fugueuse, d’une fougueuse, d’une adolescente pour qui le monde s’ouvre. Galatéa Bellugi, déjà géniale dans L’Apparition de Xavier Giannoli, prend l’apparence de la petite Eva et sert la vision poétique de la cinéaste au miroir retourné. Huppert et Poupaud, riches, beaux, raffinés, pratiquent tranquillement le détournement de mineurs. Eva saura bientôt leur échapper. Le spectateur se trouve devant un film hors du temps, lumineux et sombre. La beauté des décors, des artifices, des comédiens eux-mêmes, la nostalgie assumée et splendide. L’éclat doré de la jeunesse.

René Marx

Film français d’Eva Ionesco (2018), avec Galatéa Bellugi, Isabelle Huppert, Melvil Poupaud, Lukas Ionesco, Alain-Fabien Delon. 1h52.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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