L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critiques de films Heartstone, un été islandais de Guðmundur Arnar Guðmundsson

Publié le 27 décembre, 2017 | par @avscci

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Critique – Heartstone, un été islandais de Guðmundur Arnar Guðmundsson

Notre connaissance du cinéma islandais se résume à sa plus célèbre transfuge, Sólveig Anspach, disparue prématurément il y a deux ans, et à l’un de ses talents les plus multiples, Baltasar Kormákur. Pour son premier long métrage, Guðmundur Arnar Guðmundsson a choisi le registre du cinéma d’apprentissage sur fond de quête identitaire. Dans le cadre d’un village de pêcheurs qui impose sa rigueur au quotidien, même l’été, des adolescents en proie à leurs hormones se frottent et se fritent, chiens fous sans colliers en proie à des pulsions qui les submergent. L’un est attiré par les filles, l’autre penche plutôt pour les garçons : l’équation sentimentale paraît insoluble. La mise en scène, et plus particulièrement la direction d’acteurs, évitent au film de sombrer dans la caricature ou le pathos. À ce cadre austère, répond la force des sentiments qui dévastent tout sur leur passage, tant ces jeunes gens semblent conditionnés par la mue de leur corps qui trouble leur raison et s’avèrent impuissants à maîtriser ce mystère biologique auquel rien ne les a préparés. Guðmundsson décrit cette sensation impalpable avec une empathie communicative à l’égard de ses jeunes protagonistes. Sans être autobiographique, son scénario lui a été inspiré par le suicide d’un ami d’enfance et les multiples questions que ce geste a laissé en suspens. Ce “Cœur de pierre” touche par sa subtilité et ses silences éloquents, le réalisateur se gardant bien de juger ses personnages en proie à leurs contradictions.

Jean-Philippe Guerand

Hjartasteinn. Film islandais de Guðmundur Arnar Guðmundsson (2017), avec Baldur Einarsson, Blær Hinriksson, Diljá Valsdóttir. 2h09.

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