Exit 8
Exit 8
Exit 8 est un film d’épouvante japonais adapté d’un jeu vidéo. Un jeune homme sort de sa
rame de métro après un appel de son ex, hospitalisée, enceinte, attendant sa décision. Il
se précipite pour la rejoindre, cherchant la sortie numéro 8. Et c’est là que tout
commence… Il lui faut trois tours de couloir pour comprendre qu’il est piégé. Les parois,
les virages, les néons, tout est identique. Un panneau finit par lui dévoiler les règles de
ce jeu auquel il n’a jamais voulu participer : repérer les anomalies. Si tout semble normal,
continuer tout droit ; si une anomalie apparaît, rebrousser chemin. Très vite, le
spectateur est pris à partie : lui aussi scrute chaque détail, traque l’erreur, impuissant à
aider cet homme perdu.
La force du film réside dans sa précision technique : de longs plans-séquence, une
caméra qui observe sans relâche mais reste implacable, un sound design immersif, et le
Boléro de Ravel qui vient accentuer l’effet de boucle. Minimaliste, presque
chirurgical, Exit 8 enferme son personnage dans de longs couloirs blancs, un lieu
aseptisé où l’angoisse s’installe déjà. L’enfermement et la répétition accentuent l’effet
claustrophobique ; l’horreur ne vient pas d’une créature tapie dans l’ombre, mais de la
crainte sourde de ce qui pourrait dérailler dans un décor banal. La bande-son, bruits de
pas, échos métalliques, respirations étouffées, devient un personnage à part entière.
Quand enfin l’homme semble approcher de la sortie, le doute s’immisce : et si tout
n’était qu’une illusion ? Les couloirs paraissent s’étirer encore, les anomalies deviennent
plus insidieuses. On quitte la salle avec la sensation étrange d’une sortie de route… La
fin laisse un goût amer, à la Inception, où l’on n’est jamais sûr d’avoir compris ni de
savoir ce qui s’est réellement passé.
Myriam Burloux
Film japonais Genki Kawamura (2025), avec Kazuya Ninomiya et Yamato Kawachi. 1h35.