Critique The Vigil de Keth Thomas

Publié le 28 juillet, 2020 | par @avscci

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The Vigil de Keith Thomas

À Brooklyn, les membres de la communauté hassidique de Borough Park ne vont jamais au cinéma. Ce n’est pas un lieu recommandable. Quand un cinéaste est venu tourner chez eux un film d’horreur influencé par L’Exorciste et le Possession de Zulawski, ils ont observé le tournage sans sympathie particulière, mais sans hostilité. Ce cinéaste, Keith Thomas, New-yorkais (« Ma mère est juive, mon père ne l’était pas »), a été directeur d’une école religieuse, a écrit une thèse sur « les monstres et les démons de la Torah ». Son premier film montre la nuit d’un garçon chargé de veiller un mort, huis clos presque intégral, source d’angoisses abominables, d’appels surnaturels, mais surtout de questions sérieuses sur l’appartenance. La montée très lente du suspense est tenue par un réalisateur passionné de cinéma de genre. Il en connaît toutes les ficelles et en invente de nouvelles avec beaucoup de talent. Il se risque à mêler les figures conventionnelles, les surprises et une vraie réflexion sur les morsures de l’Histoire. Surtout il se demande comment on peut croire sans se plier aux rituels, être fidèle sans respecter les règles rigides imposées par une communauté sévère. À côté de Dave Davis, acteur protagoniste venu du New Jersey, on retrouve Menashe Lustig, qui brillait déjà dans le très beau Brooklyn Yiddish de Joshua Weinstein (2017). Keith Thomas n’oublie jamais le mort de son film, n’en fait pas un prétexte, mais crée là aussi un personnage à part entière. 

René Marx 

Film américain de Keith Thomas (2019), avec Dave Davis, Menashe Lustig, Lynn Cohen, Malky Goldman, Fred Melame. 1h28 

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