Critique The king of Staten Island de Judd Appatow

Publié le 23 juillet, 2020 | par @avscci

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The King of Staten Island de Judd Appatow

Le nouveau long métrage de Judd Appatow permet de remettre au centre une question plus centrale qu’il ne paraît, dans le cinéma américain : de quoi Appatow est-il le nom ? Par paresse, on vit longtemps en lui le roi de la nouvelle comédie américaine, le metteur en scène de l’impeccable timing d’un Steve Carell, ou le découvreur du pouvoir comique de Seth Rogen. On oublia ainsi un peu la fascination du cinéaste pour une forme de réel. Appatow n’est pas Cassavettes, certes, mais son regard sur un Rogen paumé et représentant d’une jeunesse déboussolée, sur un Sandler super star dépressif, sur la sexualité débridée et désespérée d’une Amy Schumer, ou sur son propre couple avec sa femme en actrice principale (et Paul Rudd en avatar de l’auteur), auraient dû nous éclairer. Appatow filme avant tout des fictions surgissant des personnalités et corps de ses comédiens, l’humour se rajoutant dessus par une forme mélangée d’absurde et d’improvisation. Son dernier long métrage éclaire cette méthode, en se construisant entièrement autour de Peter Davidson, un stand up révélé par le Saturday Night Live. Le film n’hésite pas à placer des anecdotes ou éléments, à peine transformés, de la vie de sa star, notamment sa propre tragédie paternelle, pour une forme de voyeurisme qui ne fait que rejoindre et amplifier les sketchs de Davidson. Mais cette mise à nu de l’intimité fut toujours la marque du réalisateur, elle n’est ici que légèrement plus voyante. Appatow regarde Davidson et se nourrit de lui, de ses failles, de son malheur comme de son humour. Le réalisateur n’a au bout du compte toujours que regardé et dévoilé ses stars, ce qui est bien sûr, pour un cinéaste, déjà beaucoup. 

Pierre-Simon Gutman

Film américain de Judd Appatow (22), avec Peter Davidson, Marisa Tomei, Bel Powley, Steve Buscemi. 2h17.

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