L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Affiche Problemos d'Eric Judor

Publié le 11 mai, 2017 | par @avscci

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Problemos d’Eric Judor

Pour être franc, nous ne sommes pas des inconditionnels du rire judorien… La surprise est donc d’autant plus belle : Problemos tranche radicalement de la très grande majorité des comédies que porte habituellement le cinéma français, et qui trop souvent nous navrent tant elles pêchent par manque d’ambition, d’invention et de subtilité. Ici le non-sens règne en maître, renouant avec ce que les Robins des bois nous proposaient il y a quelques années. Mais le film n’est pas pour autant un simple exercice de style, puisqu’il nous entraine au milieu d’une ZAD (zone à défendre) peuplée de marginaux à qui la défense de la nature offre un superbe prétexte pour prôner un mode de vie alternatif. Mais tel Lauzier dans les années 70, Judor se régale à être aussi politiquement incorrect que possible, soulignant en grinçant des dents que les attitudes les plus généreuses ne sont souvent que la façade de réflexes moins avouables. Le yoga, le féminisme, le lien avec la nature, l’amour libre, le bio, etc. ont certainement des avocats moins ringards sous d’autres cieux. Le saccage des idées toutes faites est libérateur, sans que l’on sente que les auteurs soient pour autant des zélotes zemmouriens. On se demande si le film va pouvoir carburer longtemps à un haut si haut régime… Les auteurs ont dû se poser la même question, et ils ont imaginé qu’une pandémie subitement accable le monde… à l’exception de notre petite communauté. Dès lors la satire devient conte philosophique, prenant une ampleur nouvelle qui noie un peu le propos liminaire et nous égare sur des terres moins fertiles. C’est dommage. Mais pas au point de nous faire perdre le plaisir d’être en face d’un OVNI cinématographique innovant et malin.

Yves Alion

Film français d’Eric Judor (2017), avec Eric Judor, Blanche Gardin, Youssef Hadji. 1h 25

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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