L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Numéro Avant-Scène Cinéma Numéro 620 - Mercredi Folle journée - Couverture

Publié le 3 mars, 2015 | par @avscci

Numéro 620 – Mercredi folle journée ! de Pascal Thomas

Avant-Scène Cinéma Numéro 620 - Mercredi Folle journée - Couverture
Avant-Scène Cinéma Numéro 620 - Mercredi Folle journée - 4ème de couverture

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Extrait dossier Mercredi folle journée !

Pascal Thomas de A à Z

C’est par vingt-six petites touches successives que nous nous proposons de brosser le portrait de Pascal Thomas, vingt-six flashs impressionnistes pour éclairer une œuvre bouillonnante autant que bariolée…

 A comme Absences

Les Zozos, son premier film date de 1973, Valentin Valentin, le petit dernier, de 2014. Mais les quelque dix-neuf longs métrages pour le cinéma de sa filmo ne sont pas régulièrement répartis sur les 41 années qui séparent ces deux dates. Notamment parce que notre homme a laissé à deux reprises s’écouler huit ans sans donner de nouvelles. Entre Celles qu’on n’a pas eues (1981) et Les Maris, les Femmes, les Amants (1989), puis entre La Pagaille (1991) et La Dilettante (1999). « Après Celles qu’on n’a pas eues, j’avais l’impression d’être arrivé au bout d’un cycle, et que pas mal de films sortant sur les écrans ressemblaient aux miens, à commencer ceux de Michel Lang. J’ai donc essayé d’autres choses, mais je n’ai pas mené les projets jusqu’au bout. J’en ai profité pour faire des voyages… C’est Charles Gassot qui m’a aidé à me remettre en selle. J’ai écrit Les Maris, les Femmes, les Amants en une petite quinzaine de jours… La seconde absence des écrans est due à la fois à mon activité dans la pub et au temps que nécessitait la constitution d’une collection de manuscrits anciens, que j’ai dû revendre en grande partie par la suite. C’est Toscan du Plantier qui a mis fin à cette deuxième parenthèse ».*

B comme Black Panthers 

On imagine Pascal Thomas plus volontiers sur les bords de la Loire qu’au bout du monde. Pourtant, en 1968, il est en Californie pour interviewer Hawks et Wyler et réaliser un reportage sur le tournage de Model Shop, le film de Demy. Il en profite pour filmer les Black Panthers, un mouvement révolutionnaire qui veut mettre fin à la suprématie des Blancs. Ses images seront intégrées à un film signé par Agnès Varda. Il serait faux d’en conclure à une quelconque tentation gauchiste du cinéaste, qui n’a jamais appartenu à un autre parti que celui d’en rire. Son unique combat reste la quête d’une douceur épicurienne.

C comme Cinéphilie

Certains cinéastes se retirent sur leur Aventin pour créer, d’autres se régalent du cinéma des autres (sans nécessairement avoir besoin de jouer les imitateurs). La cinéphilie gourmande de Pascal Thomas ne s’est en tout cas jamais démentie. Jeune homme, il allait rue d’Ulm, ou au Mac-Mahon, et n’hésitait pas à faire des virées en Belgique pour parfaire sa connaissance de l’œuvre de certains cinéastes. Il a créé des ciné-clubs, dont un au Lycée Buffon. « Quand j’ai passé La Nuit du chasseur, le proviseur m’a convoqué pour me demander quand j’allais passer de vrais films ! Comme quoi la cinéphilie n’est pas figée, les goûts se sont transformés, et c’est très bien ainsi ». Aujourd’hui le cinéaste avale toujours beaucoup de pellicule (c’est une image), et il ne partage pas forcément les engouements de la critique (c’est un fait)…

D comme Daniel Ceccaldi

Il répond présent dès le début, pour le court métrage, Le Poème de l’élève Mikovsky, préfiguration des Zozos, où on le retrouve dans la peau de l’oncle Jacques. Il est également présent dans Pleure pas la bouche pleine (ci-dessus), Le Chaud Lapin, Un oursin dans la poche, Confidences pour confidences (il joue le père des trois filles dont le film raconte l’histoire) et Celles qu’on n’a pas eues. Il est également de la partie lors du grand retour du cinéaste en 1988 avec Les Maris, les Femmes, les Amants. Puis il disparaît des écrans. Il n’empêche, avec huit films, Ceccaldi reste sous ses airs bonasses l’un des porte-parole les plus crédibles du cinéaste, qui n’a de cesse de peindre des fresques familiales où le comédien s’ébroue comme un poisson dans l’eau.

E comme École

« J’ai adoré l’école. Quand mon père est mort, ma mère nous a mis en pension. Et comme j’étais turbulent, je ne sortais pas beaucoup, parce que j’étais consigné. Je le vois comme une chance. J’avais des professeurs extraordinaires. L’un d’entre eux s’appelait Roland Duval. Il est devenu le scénariste de mes premiers films ». Et de fait, l’école est très présente dans les films de Pascal Thomas, à commencer par Le Poème de l’élève Mikovsky, dont l’univers est repris dans Les Zozos. Mais plusieurs scènes clé de Confidences pour confidences (ci-dessus) et bien sûr de Mercredi, folle journée ! ont la classe pour cadre. Qui est décrite à chaque fois comme un lieu où la vie palpite. Peut-être une façon de militer pour la jeunesse éternelle.

F comme Famille

Nombre de cinéastes font (entre autres) des films pour régler leurs comptes avec leur environnement familial. Ce n’est pas le cas ici. Car si la famille est omniprésente dans les films de Pascal Thomas, elle est le plus souvent décrite avec bienveillance. Mieux, elle n’est pas seulement un cadre (comme dans la majorité des films que nous voyons) mais un personnage en tant que tel. Nous aimons les familles de Pleure pas la bouche pleine, du Chaud Lapin, des Maris, les Femmes, les Amants, du Grand Appartement. Nous adorons celle de Confidences pour confidences. Et nous nous régalons de toutes celles qui peuplent Mercredi, folle journée !, parfait échantillonnage de tout ce qui se fait sous nos tropiques en termes de pratique familiale.

G comme Gadins

Certains films de Pascal Thomas ont été de très gros succès au box-office, comme Le Chaud Lapin, La Dilettante ou Mon petit doigt m’a dit (la liste n’est pas exhaustive). D’autres ont sans doute connu des fortunes diverses, mais possèdent une aura rare. C’est le cas de Confidences pour confidences, Les Maris, les Femmes, les Amants et Valentin Valentin, le petit dernier. Et bien sûr de Mercredi, folle journée ! Mais il est de ses films qui sont de vrais ratages. On les compte sur les doigts d’une main amputée du pouce. Pascal Thomas considère en effet qu’il s’est trompé dès le casting pour La Pagaille (ci-dessous), qu’il a été trop fidèle au scénario de Ensemble nous allons vivre une très très belle histoire d’amour, qu’il n’y a que quelques scènes réussies dans Un oursin dans la poche (un film pour lequel Pialat avait quelque tendresse) et qu’il n’y a rien à sauver de La Surprise du chef. Il n’y a d’ailleurs plus aucun moyen de voir les deux derniers films cités…

H comme Hitchcock

On reconnaît un film d’Afred Hitchcock même si l’on n’est pas familier de son style au fait que le maître apparaît en chair et en os dès les premières scènes. Pascal Thomas possède ainsi un côté hitchcockien indéniable, puisqu’il traverse la plupart de ses films. Apparitions furtives ou silhouettes plus affirmées, c’est toujours anecdotique. Le cinéaste affirme que c’est uniquement parce qu’il n’avait personne d’autre sous la main au moment de faire la scène. On n’est pas obligé de ne pas le croire.

 I comme Italie

Ce n’est pas de chance : à chaque fois que Pascal Thomas a ouvertement revendiqué son cousinage avec la comédie italienne, il a plutôt raté son coup. Malgré la signature d’Age (sans lui et son compère Scarpelli, la comédie italienne n’aurait pas eu le même éclat), La Pagaille rate le coche.  

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Idem pour Nous allons vivre une très très belle histoire d’amour (ci-dessous à droite), remake thomasien d’un film de Dino Risi, Fais-moi très mal mais couvre-moi de baisers (ci-dessous à gauche), écrit par Age et Scarpelli (mais qui ne compte pas parmi leurs chefs-d’œuvre, malgré le génie comique de Nino Manfredi dans le rôle principal). Pourtant l’influence transalpine est omniprésente chez Pascal Thomas, qui a pour la péninsule les yeux de Stendhal, séduit par sa culture et sa dolce vita. Le cinéaste a adoré chaque jour que Dieu a fait lors de ses virées au pays de Dante et de Totò. « J’ai même eu un projet avec Gassman, Le Tourbillon du péché, mais le film ne s’est pas fait. C’était l’histoire d’un metteur en scène qui faisait des trucs pourris mais bien payés à la télé, pour pouvoir financer le montage de pièces inconnues qui n’attiraient pas le public. Gassman, quel acteur ! Je l’ai vu jouer Hamlet : il tournait le dos au public pendant “Être ou ne pas être…” Quel acteur ! »

J comme Jacques Rozier

« Quand j’ai commencé, Rozier était avec Renoir et Guitry, de ceux qui m’avaient donné envie de faire du cinéma. » Rozier et Thomas : une même désinvolture apparente, une même liberté de ton. Les deux hommes ont même signé un film en commun, Nono Nénesse, en 1976, avec Bernard Menez (acteur-fétiche des deux cinéastes). Mais rares sont ceux qui l’ont vu ! Ce qui n’empêche pas Rozier et Thomas d’être restés proches. Cet homme qui demande à passer la nuit chez son ami dans Le Grand Appartement et s’incruste pendant huit ans, transformant le lieu en studio et salle de montage, et qui est à l’écran interprété par Pierre Arditi, c’est… Jacques Rozier. « Mais c’était un enchantement de l’avoir avec nous ».

 K comme Kilt

La robe de Marilyn qui se soulève dans les rues de New York dans Sept Ans de réflexion est définitivement une image iconique du 7ème Art. Mille fois recopiée, imitée, pastichée, l’image a fait des petits. Dont l’un des plus vigoureux réside dans Le crime est notre affaire. Lorsque Dussollier, qui dans les grandes occasions porte le kilt, se retrouve immobilisé au-dessus d’une bouche d’aération. La scène est un régal. D’autant que le comédien en montre beaucoup plus que ne l’avait fait Marilyn… « Dussollier, comme il se doit, était nu sous son kilt. Et il y avait deux femmes, des Savoyardes, sur le plateau, qui le savaient et attendaient que l’aération fasse s’envoler le kilt encore un peu plus haut… »

L comme Léautaud

C’est un projet ancien que celui de consacrer un film à la jeunesse de Paul Léautaud. Au début des années 80, il avait été accepté par la télévision, sous la forme d’une série. L’occasion était belle de parler des milieux littéraires entre 1890 et 1910, de revenir sur la NRF, la création du Mercure de France, et bien sûr le Journal de Léautaud… Puis la chaîne a changé de responsables et le projet est mort-né. Mais Pascal Thomas n’a jamais totalement abandonné l’idée. Il n’est pas impossible qu’elle refasse surface un jour ou l’autre. Sur grand écran cette fois…

M comme Menez

Si Bernard Menez n’est présent que de loin en loin (et jamais dans des rôles de premier plan) dans les derniers films de Pascal Thomas, ses prestations dans Pleure pas la bouche pleine et surtout Le Chaud Lapin (ci-contre) font qu’il restera pour toujours comme un emblème, ou plus prosaïquement l’élément le plus lisible, le plus visible de la comédie humaine à la sauce Thomas. Peut-être même le Zozo absolu…

N comme Nostalgie

Son amour de la Province, une certaine tendresse pour ses vertes années (qui ne reviendront plus), sa tendance naturelle à donner à ses personnages des prénoms impossibles et à leur faire conduire des autos qu’on ne trouve plus que dans les musées, conjugués à sa résistance à l’égard du numérique (s’il tourne désormais avec une caméra HD et monte sur Avid, c’est à contrecœur) font que Pascal Thomas a souvent été traité de réactionnaire. Comme c’est un provocateur né, il a toujours répliqué en en rajoutant. Disons qu’il n’est pas à l’abri d’une certaine nostalgie pour un monde plus doux, sans ordinateur ni téléphone portable, où l’on écouterait plus volontiers Charles Trenet que de la techno…

Dès son premier long métrage, Les Zozos (ci-dessus), le cinéaste met en tout cas les points sur les i de sa mélancolie nostalgique. Le film se termine en effet par un exergue qui dit tout : « Frédéric et François, qu’avez-vous fait de votre jeunesse ? – Rien de particulier… nous l’avons paisiblement gâchée entre les murs d’un lycée ou dilapidée auprès des filles qui voulaient bien de nous… Pas de quoi se vanter… mais rien à regretter… »

O comme Olé olé

Les personnages de Pascal Thomas ne sont pas tous des amoureux ardents, mais il n’est pas douteux qu’ils aiment l’amour, notamment dans sa composante physique. Pour autant ses films n’en montrent pas plus qu’ils ne le doivent, et les plans expirent quand les amoureux inspirent. C’est davantage le désir qui fait vibrer la caméra. Ce qui n’empêche pas une certaine verdeur, une paillardise de bon aloi, un bouillonnement libidinal communicatif…

P comme Province

« Avec Roland Duval, nous nous sommes opposés à Paris dès le début. En province, la cinéphilie n’était pas la même et les histoires que nous voulions raconter non plus. À l’exception de Chabrol, ceux de la Nouvelle Vague se sont enfermés à Paris, nous voulions faire le contraire ». C’est ainsi que Les Zozos sont poitevins, comme l’était Pascal Thomas. Et Pleure pas la bouche pleine (ci-dessus) enfonce le clou. Avant que Le Chaud Lapin ne nous entraîne en Provence, les adaptations d’Agatha Christie en Savoie ou Mercredi, folle journée ! à Nantes…

Q comme Quart d’heure américain

Pascal Thomas est de ceux qui pensent que les femmes sont plus fortes que les hommes. Celles de Mercredi, folle journée ! sont en tout cas beaucoup plus sensées que leurs compagnons. Le personnage-titre de La Dilettante a des idées précises sur la façon de mener sa barque. Les Suédoises des Zozos savent ce qu’elles veulent, préfigurant le personnage interprété par Marie Gillain dans Valentin Valentin (ci-dessus) dont l’appétit sexuel est insatiable… Bref, chez Pascal Thomas, le quart d’heure américain (amical clin d’œil aux zozos de jadis qui attendaient dans les boums avec impatience que ce soit au tour des filles d’inviter à danser) dure souvent le temps d’un film…

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R comme Ruche

Pascal Thomas est un adepte du portrait de groupe. Et comme ses personnages ne sont pas (souvent) tristes, qu’ils sont même capables d’un dynamisme vibrionnant, il ressort de ses films comme un bourdonnement chaleureux. Les appartements, les maisonnées, les immeubles sont comme des ruches dont chaque protagoniste concourt à faire le miel. Cela étant dit, il n’était pas impensable de remplacer le mot Ruche par celui de Volière. Mais comme nous voulions réserver à Victoria la place qu’elle méritait…

S comme Sketches

« Les Zozos aurait pu être un film à sketchs… Il ne l’a pas été. Mais j’aime beaucoup ce format-là. L’idéal est que les films durent le temps nécessaire, ni plus ni moins, qu’ils ne soient pas formatés et s’adaptent aux histoires qu’ils racontent. J’ai dans mes poches de quoi faire plusieurs films à sketchs. Mais à ce jour je n’en ai réalisé qu’un seul, Celles qu’on n’a pas eues » Soit un groupe de passagers dans un train, qui évoquent à tour de rôle un échec amoureux. L’occasion pour Pascal Thomas de se livrer à des exercices de style, la tonalité, la mise en scène et la morale de chacune des histoires étant on ne peut plus différentes.

T comme Train

De tous les moyens de transport, le train est sans doute celui que Pascal Thomas goûte le plus. Un transport à la fois populaire et collectif, qui facilite les rencontres et par ricochet les histoires… Il est des trains dans tous ses films ou presque. On retiendra en priorité celui du Crime est notre affaire, quand une vieille dame assiste à un meurtre dans un train qui dépasse le sien (ci-dessus) ; celui de Celles qu’on n’a pas eues, qui permet aux passagers d’un même compartiment d’échanger leurs souvenirs de conquêtes ; celui de Mercredi, folle journée ! bien sûr, où le voyage devient un happening lorsqu’une passagère est acculée à un accouchement précipité…

U comme Utopie

L’auteur de Confidences pour confidences n’est sans doute pas un sociologue encarté ni un théoricien des révolutions, mais il flotte dans ses films comme une musique obsédante qui nous incite à rêver un autre monde. Si son cinéma possède des racines naturalistes, il s’en dégage assez vite pour introduire de la fantaisie, du rêve. Mercredi, folle journée ! est à cet égard un sommet, qui colle en permanence au quotidien pour proposer à chaque scène que les personnages fassent « un pas de côté » (comme disait Gébé à l’époque de L’An 01). Les liens amoureux, familiaux, sociaux, professionnels ne sont évidemment pas toujours tissés avec la même bienveillance, mais Pascal Thomas pousse néanmoins le curseur de l’harmonie de l’humanité un peu plus loin que la plupart de ses petits camarades. Nous ne pouvons que lui en savoir gré.

V comme Victoria

La petite fille de Mercredi, folle journée ! a Pascal Thomas et Nathalie Lafaurie pour parents. Autant dire que c’est une enfant de la balle. Mercredi, folle journée ! ne constitue pas pour autant sa première apparition au cinéma (La Dilettante est antérieur de deux ans), elle est en tout cas loin d’être la dernière. Et comme nous pouvons le constater dans Ensemble… et Valentin Valentin, elle possède en outre une jolie voix…

Ajoutons que tous les proches du cinéaste se sont retrouvés dans le champ de sa caméra. Certains sont de véritables acteurs. C’est le cas de Clément Thomas, qui apparaît dans huit films de son père…

W comme Whodunit

Un joli mot, britannique de son état, abréviation de « Who’s done it ? ». Autrement dit : « Qui l’a fait ? ». Question que l’on se pose à chaque fois qu’une intrigue policière nous tient et que nous brûlons de connaître l’identité du meurtrier. Mais le whodunit porte davantage la marque d’Agatha Christie que celle de Georges Simenon (qui, lui, donnait la priorité à l’atmosphère dans laquelle baignaient ses personnages). Pascal Thomas a adapté Agatha Christie à quatre reprises (trois de ses films mettant en scène le couple Beresford), mais n’ayons pas peur des mots, il se fiche de savoir qui est l’assassin (tout en assurant néanmoins le service minimum). Ce sont les personnages hauts en couleur et la description des rigidités sociales décrites par la romancière qui l’ont intéressé au premier chef. Nous ne nous en plaindrons pas.

X comme Xylophone

La musique n’est pas envahissante dans les films de Pascal Thomas, elle n’est pas non plus absente. Si l’on s’en tient à Mercredi, folle journée !, nous n’oublierons pas La Cantate des pinceaux ni les rêveries de Bruno quand il lâche la barre de son bateau pour prendre son accordéon. Le lecteur attentif ne manquera pas de faire remarquer qu’il s’agit bien d’un accordéon et non d’un xylophone. Que l’on nous permette de rétorquer qu’il lui aurait été plus difficile d’embarquer sur le Lechalat avec un xylophone. Soyons sérieux.

Y comme Youpi !

« Y’a d’la joie ! », chantait Trenet. Cette joie de vivre est sans doute teintée de mélancolie, mais elle reste omniprésente dans les films de Pascal Thomas, ce n’est pas leur moindre mérite.

Z comme Zozos

Les Zozos est son premier long métrage. Un film très autobiographique auquel le public s’est identifié. Il n’en fallait pas plus pour que le film soit un succès, et qu’il invite le cinéma à suivre des voies nouvelles. Télérama en fait à l’époque le navire amiral d’un courant neuf, le Nouveau naturel. Le concept fera long feu. Mais pas la capacité de Pascal Thomas à introduire une fraîcheur nouvelle au cinéma, une apparente naïveté qui s’est peu à peu transformée au cours des années, mais sans jamais disparaître. Pour notre plus grand bonheur.

* Les citations sont extraites d’un entretien inédit avec Pascal Thomas en janvier 2015.

YVES ALION 

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