Critique Les Fantasmes de David Foenkinos

Publié le 23 août, 2021 | par @avscci

0

Les Fantasmes de Stéphane et David Foenkinos

Le film ne fait pas l’unanimité, les beaux esprits ayant à cœur de souligner que les frères Foenkinos avaient jadis signé un film au titre évocateur, La Délicatesse, pour changer visiblement de braquet en livrant un film qui n’en faisait pas assaut. Cet argument nous laisse froid, la crudité concernant les choses de l’amour ayant tout à fait sa place ici. Car Les Fantasmes nous parle comme son titre l’indique de certaines projections mentales ayant trait au désir que d’aucuns tentent de concrétiser. Et les frères de nous parler de ludophilie, de dacryphilie, de sorophilie, de thanatophilie, d’hypophilie et d’autagonistophilie, à travers six sketchs autonomes. Nous laissons au lecteur le loisir de découvrir le sens de ces mots savants. Le film à sketchs pour s’amuser de notre imaginaire en matière de fantasmes est évidemment taillé sur mesure. On se souvient que Dino Risi avait jadis proposé quelques films toniques à cet égard : Le Sexe fou, Une poule, un train et quelques monstres, etc. Les Fantasmes suit cette voie toute tracée avec plus ou moins de réussite… C’est évidemment le principe du film à sketchs d’être inégal, certains sketchs étant plus réussis que d’autres (c’est souvent très subjectif). Mais il n’est pas interdit de penser que ce sont tous les sketchs qui sont ici inégaux, certaines scènes sont fulgurantes (la solitude de Karin Viard dans un bar), d’autres d’une grande platitude. Le point fort du film est son casting, les comédiens les moins connus se révélant souvent à la hauteur de ceux qui défrayent ordinairement la chronique (Denid Podalydès devient omniprésent, mais après Les 2 Alfred, quel plaisir de le retrouver ici dans la peau d’un personnage encore très lunaire). Le point faible provient plutôt de l’écriture, les différents sketchs étant le plus souvent très prévisibles. Dommage…

Yves Alion

Film français de Stéphane et David Foenkinos (2020), avec Karin Viard, Jean-Paul Rouve, Monica Bellucci, Joséphine Japy, Denis Podalydès, Carole Bouquet. 1h41.




Back to Top ↑