Critique Les Apparences de Marc Fitoussi

Publié le 26 septembre, 2020 | par @avscci

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Les Apparences de Marc Fitoussi

Les femmes mariées devraient toujours se méfier des maitresses qui font la classe à leurs enfants, elles ont souvent tendance à devenir également celles de leurs époux. C’est le cas d’Olivia Côte dans Antoinette dans les Cévennes, comme on a pu le constater récemment dans le film de Caroline Vignal. Et dans Les Apparences, c’est Karin Viard qui fait à son tour l’expérience de la légèreté de son mari. La comparaison s’arrête là…

Car si Marc Fitoussi, le réalisateur de La Vie d’artiste et de Maman a tort a le plus souvent donné dans la légèreté, il change manifestement de registre pour son sixième long métrage. Les Apparences est d’abord un tableau au vitriol d’une certaine bourgeoisie huppée, une bourgeoisie qui verse dans l’artistique et n’a donc pas grand-chose à voir avec ces affairistes parvenus que le cinéma se plait à croquer, mais au fond, cela ne change rien.

Le couple auquel nous nous intéressons est campé avec brio par un Benjamin Biolay mutique, minéral, dont ne saurons au final que peu de ce qui le meut, et une Karin Viard qui cache toutes les turpitudes du monde derrière un sourire figé. Un couple qui, comme l’indique le titre, cultive le culte des apparences et ne saurait en aucun cas déroger de son statut social, quitte a devoir avaler des kilomètres de couleuvres. Mais le tableau de mœurs vire bientôt au thriller, comme dans certains films de Chabrol, que la critique s’est naturellement empressée de convoquer.
A y regarder de plus près,
Les Apparences ne dit pas vraiment la même chose que La Femme infidèle ou Les Noces rouges. Le regard du metteur en scène est sans doute moins goguenard, son sourire moins carnassier. Mais à l’inverse ses personnages n’ont pas l’incarnation de ceux de Chabrol, plus charnels, plus fragiles aussi, qui suscitent plus volontiers notre empathie.
C’est là que réside peut-être la limite du film, mécanique par ailleurs parfaitement huilée. Il a la froideur de ses personnages, se refusant à aller au-delà des apparences. Il n’en laisse pas moins dans les esprits un trouble durable…

Yves Alion

Film français de Marc Fitoussi (2020), avec Karin, Viard, Benjamin Biolay, Lucas Englander. 1h50.

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