L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Affiche Le sens de la fête d'Eric Toledano et Olivier Nakache

Publié le 14 octobre, 2017 | par @avscci

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Le sens de la fête d’Eric Tolédano et Olivier Nakache

Après le triomphe stratosphérique d’Intouchables, Eric Tolédano et Olivier Nakache avaient un peu viré de bord avec Samba, prenant politiquement position (sans rien perdre de leur bonne humeur et de leur capacité à mêler le rire et l’émotion) sur le sort que la République réserve aux sans-papiers. Le Sens de la fête apparaîtra à cet égard comme plus consensuel, moins dérangeant… Ce qui ne veut pas dire que derrière la légèreté première de ce film-champagne ne soient  pas décochées en douce quelques flèches assassines sur la façon dont s’organise la société. Car la fête en question, en l’occurrence un mariage, est un microcosme idéal pour mettre en scène tous les antagonismes possibles, tous les hiatus sociaux et toute l’hypocrisie du monde. Mais Tolédano et Nakache ne s’appesantissent jamais et ne cultivent le malaise que pour mieux nous rassurer dans la scène qui suit. Il faut dire que le film, qui, on l’aura compris, répond aux impératifs du théâtre classique, unité de temps et de lieu, est tricoté avec un soin maniaque. Tous les personnages existent, tous évoluent au fur et à mesure que la mécanique trop bien huilée de ce mariage mondain se dérègle. Il n’est pas interdit de penser à La Partie, de Blake Edwards, dont la magie n’opère que par le savoir-faire de son réalisateur (alors que l’intrigue tient sur une feuille de papier à cigarette). Avec sans doute moins de folie burlesque, mais également davantage d’humanité dans la description des personnages. Le film dure près de deux heures, et pourtant c’est vraiment à regret que nous quittons la fête…

Yves Alion

Film français d’Eric Tolédano et Olivier Nakache (2017), avec Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche. 1h 57.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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