Critique Josep de Aurel

Publié le 1 octobre, 2020 | par @avscci

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Josep d’Aurel

Touché par l’histoire et l’œuvre de Josep Bartoli, Aurel, lui-même dessinateur de presse, a eu envie de rendre hommage à cet ancien républicain qui combattit Franco, s’échappa d’un convoi pour Dachau et trouva refuge au Mexique auprès de Frida Kahlo et Diego Riviera. Persuadé que le dessin devait être le véritable sujet du film, le réalisateur s’est naturellement tourné vers l’animation, avec l’idée de trouver une tonalité graphique qui épouse parfaitement son sujet. Il a alors décidé d’aller vers l’épure en privilégiant les esquisses (notamment dans les décors) et en réduisant au minimum les mouvements. On ne voit ainsi pas les personnages se déplacer de manière fluide, mais par un jeu de surimpression des dessins. Globalement, tout est assez statique dans le plan, et c’est au contraire la caméra qui balaie l’image pour y révéler l’action. Par ailleurs, certains passages sont plus abstraits, comme pour tenir à distance la violence des situations. Un minimalisme formel qui tranche avec l’esthétique habituelle de ce type de films, et donne énormément de puissance à un récit par ailleurs didactique, et inutilement alambiqué. Les allers et retours dans le temps, et le récit en flash-backs, de même que l’aspect caricatural des personnages secondaires (la mère, l’ado, les supérieurs du policer…) n’étaient par exemple pas vraiment indispensables. Pourtant, malgré ces maladresses scénaristiques, on est hanté par la force et le réalisme de ces croquis qui rendent bien vivants la tragédie de ces camps de concentration français, qui étaient malheureusement loin d’être les derniers.

Marie-Pauline Mollaret

Film d’animation français de Aurel (2020), avec les voix de Sergi Lopez, Gérard Hernandez, Bruno Solo. 1h20.

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