Critique Hotel by the river de Hong Sang-soo

Publié le 28 juillet, 2020 | par @avscci

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Hotel by the river de Hong Sang-soo

Un vieux poète désargenté vit dans un hôtel au bord d’une rivière. Hanté par l’idée de sa mort qu’il imagine prochaine, il fait venir ses deux fils. En parallèle, une jeune femme en plein désespoir amoureux s’installe dans une chambre voisine, et reçoit une amie qui vient la réconforter.

Si l’on retrouve dans Hotel by the river ce qui fait le cinéma de Hong Sang-soo, notamment les motifs qui se répètent et les infinies variations sur ses thèmes de prédilection (l’art, la célébrité, les relations amoureuses…), on pourra malgré tout être (agréablement) surpris par cet opus qui se détache sensiblement du reste de filmographie. Plus mélancolique, et même carrément plus sombre, il porte un regard désenchanté sur l’existence : les rendez-vous manqués, les relations filiales distendues, les histoires d’amour échouées. Ce qui n’empêche pas l’ironie habituelle du cinéaste d’infuser le récit. “On a fait de notre mieux, mais ce n’était pas suffisant” énonce le poète, plus résigné qu’amer, semblant englober dans ce bel aphorisme tous les protagonistes du film.

Il y a d’ailleurs une douceur particulière dans la manière dont le cinéaste filme les corps à l’abandon ou les moments de tendresse plus implicites. Ses deux personnages féminins s’endorment dans les bras l’une de l’autre et se câlinent entre deux dialogues. Les fils et le père se réconcilient autour d’ours en peluche. Les conversations, même arrosées, tendent vers une forme d’apaisement, ou tout au moins de détachement. Pendant les quelques heures que durent ces doubles retrouvailles, chacun règle ses comptes avec ses vieux démons comme avec soi-même, mais en douceur, et finalement sans rancune. Hong Sang-soo réalise ainsi l’un de ses films les plus complexes et les plus bouleversants, dont l’élégance formelle accentue la part atemporelle du propos

Marie-Pauline Mollaret

Gangbyun Hotel. Film sud-coréen de Hong Sang-soo (2018), avec Ki Joo-bong, Kim Min-hee, Song Seon-mi, Kwon Hae-hyo, Yoo Joon-sang. 1h36

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