L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Entretiens Assayas Binoche

Publié le 3 septembre, 2014 | par Rédaction

Entretien avec Olivier Assayas

À l’occasion de la sortie de Sils Maria

Il est tentant chaque année de se demander en son âme et conscience pour quel film nous aurions plaidé si l’attribution de la Palme d’or à Cannes n’avait tenu qu’à nous. Après avoir avalé toute la sélection des films en compétition, nous sommes tentés de répondre Sils Maria. Parce que le film brosse plusieurs portraits de comédiennes comme on n’en avait pas vus depuis longtemps, parce que Juliette Binoche projette des vibrations rares, parce que la façon dont Assayas est parvenu à habiller, ou mieux à mettre en scène, son propos, qui au départ est avant tout une conversation entre deux personnages, est brillante, parce que le film parle de ce qui nous touche le plus, à savoir la manière dont l’art met en lumière nos interrogations sur la vie ou le temps qui passe, etc. Une nouvelle fois Assayas est parvenu à se renouveler tout en restant fidèle tant à ses thèmes de prédilection qu’à son goût pour les genres, voire pour les expérimentations. À vrai dire, le film est d’une diversité rare, qui mêle plusieurs thèmes avec une délectation évidente et mérite en tout cas plusieurs visions pour tenter d’en épuiser la richesse.

Sils Maria, c’est le portrait de trois actrices, de trois générations, de trois prénoms, de trois images. Est-ce une façon de parler de ce qui est constant dans le travail de l’acteur, tant au théâtre qu’au cinéma ?
Olivier Assayas : Disons que tout gravite autour de Juliette Binoche. La Juliette Binoche réelle, la Juliette Binoche à moitié fictive qui est au centre du film et les différents rôles interprétés par cette actrice, une fois jeune, une fois vieille. Au fond il y a un carré autour duquel le film se construit. D’une certaine façon, tous les personnages à leur manière en sont l’émanation dans le sens où même le personnage de Jo-Ann (Chloë Grace Moretz), dans sa modernité cruelle, peut être vu comme une sorte de reflet de ce que la comédienne a été plus jeune.

A t-elle été sensible au fait que le personnage soit un reflet d’elle-même ?
O. A. : La caractéristique de ce film, au-delà de la façon dont on circule entre la vie et la fiction, est qu’il prend en compte l’identité même de l’actrice. Le film utilise ce que les spectateurs du film connaissent de Juliette Binoche, Kristen Stewart ou même Chloë Grace Moretz, il y a quelque chose de ludique qui se poursuit à l’extérieur du film. Au fond c’est Juliette qui a suscité le film… Un jour elle m’a appelé : « Ce film que nous devons faire ensemble, va-t-on le faire un jour ? » Nous n’avions pas encore tout à fait travaillé ensemble : L’Heure d’été ne compte pas vraiment, c’était un film choral. Alors que nous nous connaissons depuis tellement longtemps. Depuis Rendez-vous, le film d’André Téchiné dont j’avais été coscénariste. Rendez-vous est comme une matrice. Par la suite, il y a eu un certain nombre de loupés, nous ne sommes jamais parvenus à être synchros. Il était temps de l’être… Je lui ai donc tout de suite dit oui, tu as raison. Il manquait un film dans notre filmographie. D’ailleurs Juliette avait dit une chose assez belle : « Je construis ma filmographie dans le désordre ». J’aime beaucoup cette formule, et je trouve qu’elle s’applique aussi bien à mon travail. Si nous avons fait ce film, c’est que l’on peut parler du temps de la même façon.

Vous avez démarré à peu près en même temps, vous vous être imposés en même temps dans le cinéma… N’êtes-vous pas un peu vous aussi le personnage du film ?
O. A. : Je suis tenté de dire non, dans le sens où le temps est moins cruel pour un cinéaste, qui n’est pas exposé comme une comédienne peut l’être. L’œuvre d’un cinéaste comporte différents chapitres, il tourne des pages, il devient quelqu’un d’autre. La façon dont la comédienne est scrutée par la caméra, dont son image est agrandie sur un écran immense, est beaucoup plus cruelle. La façon dont une comédienne change d’emploi, tourne les pages, c’est un travail violent qu’elle doit faire sur elle-même. Mais c’est une bataille qui peut être gagnée. Quand un cinéaste écrit, quand il a foi dans l’art en tant que poste d’observation sur le monde, en tant que méthode de reproduction du monde, il est extrêmement sensible à ces transformations. Cela ne l’empêche pas, comme tous les êtres, d’être aux prises avec le temps.
Encore une fois, Juliette et moi avons le même point de départ : Rendez-vous. Le film est montré à Cannes et tout à coup Juliette est partout, elle impose une évidence et c’est le début de sa carrière. Pour moi, les choses se font plus en douceur, car je suis le coscénariste d’un auteur. Rendez-vous est un film d’André Téchiné dont je ne suis que le collaborateur. Un gamin à qui il a fait confiance pour l’aider dans la phase de l’écriture. Néanmoins nous avons dialogué, nous avons échangé, j’ai dû lui apporter des choses. Généreusement, la presse a parlé de moi. À ce moment-là, cela faisait déjà longtemps que j’écrivais des scénarios et que réalisais des courts métrages. J’avais envie de faire des films. Écrire sur le cinéma, c’était un détour pour arriver un jour à faire des films. La façon dont Rendez-vous a été accueilli m’a de toute évidence servi de tremplin pour matérialiser mon premier film, Désordre, l’année suivante. Pendant qu’André tournait, durant l’été 1984, moi j’écrivais Désordre.

Juliette Binoche est donc une balise…
O. A. : À partir de là, nous aurions pu travailler ensemble. Je lui ai tout de suite proposé le rôle féminin de Désordre, mais elle était déjà partie ailleurs, et puis le rôle féminin n’était pas très important. Pour Juliette, c’était un petit rôle. Cela ne s’est pas fait. Et à partir de ce moment-là, nous avons eu des carrières parallèles, au sens fort du terme. Pas divergentes, pas contradictoires, parallèles. L’un et l’autre, nous sommes partis du centre du cinéma d’auteur français et nous avons eu envie d’aller à l’étranger, en faisant l’acquisition d’une seconde langue de cinéma, l’anglais. C’est pour cela qu’un film comme Sils Maria devait être un anglais, parce que c’est là que nous nous rejoignons finalement.

Sils-Maria-sliderPour introduire le personnage incarné par Chloë Grace Moretz, vous avez réussi à glisser une scène assez désopilante avec des super-héros dans une galaxie lointaine. On a l’impression qu’il y a chez vous comme une gourmandise de l’exercice de style, que c’est une autre façon d’explorer le cinéma…
O. A. : Dans mon travail de cinéma, j’ai passé mon temps à faire ce que je ne sais pas faire, mais de façon sérieuse. Ça a commencé très tôt. Mais j’en ai pleinement pris conscience au moment d’Irma Vep. Je me suis dit que je me confrontais à un autre langage de cinéma, que je faisais du cinéma autrement. Le film a eu une certaine reconnaissance, ce qui m’a conduit à prendre des risques. Le succès est stimulant. C’est ainsi que j’ai réalisé Carlos, un film d’action qui se passe dans un autre pays, à une autre époque. Tous les jours, j’ai été confronté à des questions qui étaient complètement nouvelles pour moi.

On a l’impression qu’il y a comme une gourmandise de l’exercice de style, c’est une autre façon d’explorer le cinéma…
O. A. : Il y a deux dimensions. D’abord, quand on dit que je reproduis un film de super-héros, ce n’est pas exactement vrai. L’ironie prend le dessus parce que par ailleurs je n’ai pas les moyens de reconstituer 45 secondes ou une minute d’un film de super héros, ce qui aurait coûté le prix de tout mon film. Je suis obligé de faire un truc un peu ludique, avec un côté clin d’œil, donc humoristique. Cette scène ressemble plus à Star Trek qu’à X-Men. Par ailleurs, il y a une sorte de drôlerie qui amène une autre dimension, qui était pour moi capitale. Il fallait échapper au huis clos. Ce qui m’intéressait, c’était à la fois de confronter ces deux femmes et de faire comme Bergman quand il a réalisé Persona, c’est-à-dire de ne pas lâcher le fil du dialogue entre ces deux femmes. Dans un film comme celui-là, il peut arriver que l’on n’entende plus ce qui se dit. C’est néanmoins une seule et même conversation qui se poursuit de scène en scène. Je la déroule de jour, de nuit, en montagne, dans la vallée, dans le casino.

Dans Sils Maria, il y a des thématiques similaires au film Carlos autour de question de la mondialisation et du dialogue avec le monde, qui est central dans votre cinéma.

O. A. : Je cherche sans doute à donner une résonance moderne, contemporaine, à des thèmes éternels. Je fais un film autour d’une comédienne qui se pose des questions que l’on aurait pu se poser à toutes les époques. Ce sont des choses qu’on a vues souvent au théâtre et au cinéma. Comme toutes les choses éternelles, elles sont cycliques, elles se reformulent à chaque époque, à chaque génération. Quand j’observe le personnage de Maria Enders (Juliette Binoche) et que j’essaie de faire le portrait d’une comédienne d’aujourd’hui, ce qui me vient naturellement c’est de l’inscrire dans ce qui est une forme de sphère de la globalisation de la notoriété. J’aurai pu faire le portrait d’une comédienne de théâtre pas connue du tout, qui fait ce même travail avec une jeune fille. Mais si j’inscris cela dans ce qu’est véritablement une comédienne d’aujourd’hui qui a une carrière derrière elle, qui n’est pas hors du temps, elle est fatalement aimantée au cinéma international, et cela confère tout à coup une déclinaison contemporaine à ce thème.

Le fait d’avoir placé au cœur de cette montagne intemporelle des portables, des écrans de toutes sortes, nous fait sentir que nous sommes dans une autre époque, ce qui change un peu le sens des choses…

O. A. : Je pense que si je n’avais pas pris en compte cette dimension-là dans ce portrait, il aurait été archaïque. Quand je fais Demonlover, l’ouverture au monde que permet la technologie est au cœur du film, et j’en souligne les effets dévastateurs, je représente la déshumanisation du monde. Dans Sils Maria, il n’y a pas de discours sur Internet, sur les médias, parce que nous n’y faisons plus attention, cela fait partie de notre vie. Maria Enders appartient à la dernière génération coupée de ces problématiques-là. Mais elle a beau avoir une culture classique, elle ne peut pas ignorer ces questions.

L’assistante de Maria, Valentine (Kristen Stewart) est une sorte de directrice de conscience… Est-ce courant pour les comédiens, en ont-ils besoin ?

O. A. : En général, les comédiens ont un assistant qui a pour rôle de les conforter dans leurs préjugés, ils sont là pour abonder dans leurs sens. Son assistante est dans le film plutôt la représentante moderne du valet dans les comédies du XVIIIème siècle, ou s’exerce la dialectique du maître et de l’esclave. En réalité, Valentine est là pour apporter la contradiction, pour aider Maria à trouver le chemin de la modernité, à échapper à ce qui la fait vieillir.

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En mettant une actrice internationale, française à la base, face à une actrice plus jeune, hollywoodienne de formation, vous confrontez deux types de jeux… Un peu comme Desplechin avec Mathieu Amalric et Benedicio Del Toro dans Jimmy P.

O. A. : J’ai toujours cru à l’idée de faire se rencontrer des gens de cultures hétérogènes, cela m’a toujours intéressé. Pour moi, c’est presque une expérience de chimiste que de mettre Maggie Cheung face à Jean-Pierre Léaud [photo ci-dessus], je me dis : « Voyons ce que ça donne ». J’ai pratiqué ces mélanges-là dans Irma Vep, Demonlover ou Carlos. J’aime travailler avec des gens d’horizons différents, que je dois aider à parvenir à peu près au moins au même endroit. Mais ce n’est pas si difficile : le comédien fait partout le même métier. Il a besoin de trouver le chemin pour arriver d’une manière ou d’une autre à destination. Il doit réussir à se mettre sur la même longueur d’ondes que son partenaire, et c’est aussi difficile entre deux comédiens français qu’entre un comédien américain et un comédien bantou. Par ailleurs, si Kristen Stewart est dans ce film, ce n’est pas pour affronter Juliette Binoche, mais pour apprendre d’elle. Kristen est dans le film sans doute en partie par curiosité, pour venir à la rencontre de mon cinéma. Mais fondamentalement, elle est là parce que le rôle l’intéressait. Peut-être personne avant moi n’avait-il pensé à elle pour un rôle comme celui-là. À la lecture, elle s’est sans doute dit que le film pourrait peut-être du point de vue du jeu lui ouvrir des portes à un moment où elle est en confiance, parce qu’elle est reconnue. Elle s’est dit : « Il ne faut pas que je stagne, et je ne peux progresser qu’en me confrontant à d’autres manières de faire du cinéma ». Et puis, elle a l’idée d’aller vers Juliette Binoche, parce qu’elle a le sentiment que Juliette est une comédienne qui a conquis une forme de liberté, d’indépendance d’esprit, de mouvement au sein du cinéma, et elle aimerait bien savoir comment elle y est parvenue. Du coup, elle est entièrement à l’écoute de Juliette. Ce qui lui permet de s’approprier le rôle en profondeur. Et Juliette se rend compte qu’elle a face à elle quelqu’un avec un talent exceptionnel. Elle est un petit peu plus qu’une jeune partenaire avec qui elle va dialoguer, c’est quelqu’un qui a une force, voire une puissance qui par moment peut même être inquiétante.

Le fait de caster Hanns Zischler, était-ce une façon de faire un clin d’œil au cinéma allemand de la Nouvelle Vague, celle de Wenders et Schlöndorff ?

O. A. : C’est plutôt pour me faire plaisir. Quand j’ai fait Carlos, j’ai découvert une génération d’acteurs allemands et une manière spécifique à l’Allemagne d’aborder le travail de comédien qui me convenait très bien. Je me suis entendu avec une espèce d’évidence et beaucoup de spontanéité avec les comédiens allemands de Carlos. Et quand j’ai fini le film, je me suis dit je n’aurai pas d’autre occasion de poursuivre ce travail. Quand j’ai commencé à écrire Sils Maria et que j’ai compris que ça allait se passer en Suisse germanique, j’ai compris que cela allait me permettre de continuer mon exploration des grands acteurs du cinéma allemand. Cette culture fait partie de moi, presque génétiquement de par mes origines, elle était déjà là au moment de Rendez-vous. André est parti d’une nouvelle de Schnitzler et je trouve qu’il y a quelque chose qui relève des ombres et des fantômes qui est resté dans le film C’est aussi ça qui, presque par contamination, se prolonge dans Sils Maria.

Vos deux films précédents étaient plongés dans les années 1970, époque de votre enfance. Qu’est-ce que cela vous a fait de retourner dans l’époque contemporaine ?

O. A. : Je pense que ce qu’il peut y avoir de thématique moderne et de contemporain dans Sils Maria vient de là. De la frustration d’avoir vécu pendant deux films dans un monde où il n’y a pas de téléphone portable ! J’ai eu d’autant plus envie de raconter ce qui me semble spécifique au monde d’aujourd’hui et la façon dont on vit.

On a tellement dit lors de vos premiers films que votre cinéma était générationnel que d’une certaine manière, Sils Maria reste un film générationnel. À ceci près qu’il s’intéresse à plusieurs générations. On continue de se demander quelle est l’essence d’une génération…

O. A. : Les films, on les fait au présent. La question que vous posez, c’est presque la question du film. Dans le sens où il ne s’agit pas du vieillissement ou du déclin. Maria Enders n’est pas une comédienne en bout de course. On ne se dit pas que c’est fini pour elle. Elle est simplement à un tournant : il est vital pour elle de se réinventer, mais elle a devant elle mille choses à faire. Aujourd’hui, on va dire qu’on est « jeune plus tard. » Une carrière de comédien dure infiniment plus longtemps que jadis. C’est un facteur réel. Au fond, qu’est-ce qui inscrit le temps sinon cette problématique de la génération ? Par exemple, quand Maria se chamaille avec Valentine au sujet du film de science-fiction, elles ont raison toutes les deux. On est d’accord avec l’une et avec l’autre. Simplement, elles regardent le film selon la perspective de deux générations différentes. C’est là que le temps se glisse. Je suis de ma génération dans le sens où ma vision du monde, ma façon d’aborder le cinéma est déterminée par la manière dont la poussière du temps s’est accumulée sur moi tout au long du chemin. Je ferai toujours des films qui entretiendront une relation intime avec ceux qui ont partagé ce chemin avec moi. Le cinéma, c’est vraiment la pratique en action de la liberté. Dès que je sens contrainte, cadre, mur je n’ai qu’une seule envie, celle de faire n’importe quoi pourvu que cela déjoue ce qui était écrit. J’ai l’impression que grâce à Juliette, grâce à Kristen Stewart, je peux faire un film qui va se situer dans une zone bizarre, singulière… On l’a tourné vite, ce film, en six semaines. Il a un budget relativement bas, c’est à dire en dessous du seuil des « films du milieu ».

Vous êtes un homme de cinéma. Mais le film montre également quelques minutes d’une représentation théâtrale. D’une pièce qui n’existe pas et que vous avons donc créée. Vous êtes-vous amusé en la mettant en scène ? Cet apprentissage du théâtre n’apparaissait pas auparavant dans vos films…

O. A. : La question du théâtre ne m’est pas indifférente. Par ailleurs, je ne suis pas un bon spectateur de théâtre et je n’ai pas un rapport actif à cette culture-là. Le théâtre, pour moi, est toujours un peu trop écrit. Ce qui m’intéresse dans le dialogue, c’est retrouver le phrasé du langage parlé, les accidents. Cela dit, les cinéastes que j’aime par-dessus tout comme Bergman, Fassbinder ou Guitry, viennent du théâtre. Fatalement, c’est un langage auquel je suis sensible. Néanmoins, dans ce film-là, ça, c’est une couche de vernis. Ce qu’il y a en dessous, qui m’intéresse, n’est pas tant le théâtre, le cinéma, ou le métier de comédien, c’est l’humain. Pour moi, la question qui est en jeu, c’est comment montrer la beauté du métier de comédien qui est d’aller à la rencontre de l’humain. Le comédien vit dans l’injonction de parvenir à comprendre les émotions d’autrui, sa souffrance, de se les approprier et de les vivre. Il y a quelque chose de courageux, d’émouvant, au cœur de cette question de l’humain qui est la seule qui vaille.

Propos recueillis par Yves Alion et Pierre-Simon Gutman, mis en forme par Laurie Deson.

Clouds of Sils Maria. Réal. et scén. : Olivier Assayas. Phot. : Yorick Le Saux. Prod. : Arte/CAB Productions, CG Cinéma/Pallas Film et Vortex Sutra. Dist. : Les Films du Losange. Avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz, Brady Corbet, Lars Eidinger, Angela Winkler. Durée : 2h04. Sortie France : 20 août 2014.

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