L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Affiche de Demain et tous les autres jours de Noémie Lvovsky

Publié le 14 octobre, 2017 | par @avscci

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Demain et tous les autres jours de Noémie Lvovsky

Noémie Lvovsky est au cœur du cinéma français d’auteur depuis trente ans. Elle a été scénariste pour Arnaud Desplechin (La Sentinelle, 1992), Philippe Garrel (Le Cœur fantôme, 1996), Valeria Bruni-Tedeschi (pour quatre de ses films). Elle a été actrice dans une trentaine de films pour des apparitions où elle paraît irremplaçable (la tenancière de L’Apollonide en 2011, la « tata » de Jacky au royaume des filles en 2013). Elle présente aujourd’hui son septième long métrage de fiction, où on retrouve le couple mère-fille qui l’obsède depuis longtemps. Si elle tient le rôle de la mère, le personnage principal est ici la fille. D’abord âgée de dix ans (Luce Rodriguez) puis de trente ans (Anaïs Demoustier), Mathilde est là pour protéger, et surtout aimer, sa mère. Comme dit la réalisatrice : « Elle voit bien qu’aux yeux des autres, sa mère est folle, mais pour elle, cette folie est simplement la vie, le présent. Certains parents sont médecins, boulangers ou pompiers ; sa mère, elle, est folle. » Cette inversion du devoir de protection donne un couple surprenant au cinéma. En général les mères folles ou névrosées y sont dangereuses ou fantasmées comme telles, de Psychose à Talons aiguilles, de Mankiewicz à Aronofsky. Ici, Lvovsky a décidé de nous faire aimer ce personnage, aussi insupportable et nuisible soit-elle, parce que sa fille lui pardonne, parce qu’elle a décidé de la sauver de la méchanceté du monde entier. La passion tendre exprimée dans le film est souvent émouvante, parfois répétitive, assortie d’échappées vers le fantastique, la puissance de deux  imaginations loin du monde adulte. Le film n’est pas tenu de bout en bout, mais recèle une émotion dont il serait difficile de se défendre.

René Marx

Film français de Noémie Lvovsky (2015), avec Luce Rodriguez, Noémie Lvovsky, Mathieu Amalric, Anaïs Demoustier. 1h 35

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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