L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Us de Jordan Peel

Publié le 23 mars, 2019 | par @avscci

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Us de Jordan Peel

Les films d’horreur sont souvent en noir et blanc. Noir parce que l’horreur meurtrière qui s’y déploie nous fait douter de l’humanité dans son ensemble. Blanc parce que ce sont le plus souvent les populations bourgeoises des banlieues cossues qui s’y collent. Us est à cet égard détonnant, puisque c’est un film en noir et noir, les héros dont le film nous invite à suivre les pas étant noirs, au sens afro-américain du terme. Soit une famille classique : le père, la mère, le fils, la fille. Qui sont logés dans une belle maison au bord d’un lac. Tout irait bien s’ils n’étaient agressés un soir par un groupe de prédateurs dont ils perçoivent rapidement que ceux-ci se présentent comme leurs doubles. Dès lors, il va falloir faire assaut de subtilité et de courage pour ne pas se laisser bêtement massacrer par leurs alter-ego. D’autant que visiblement tous leurs voisins subissent les mêmes outrages. A cet égard Us est un slasher presque conventionnel, qui joue habilement avec nos nerfs lorsque les personnages sont retenus en otages par leurs bourreaux (le film perd un peu de son intensité quand tout le monde prend la fuite, avant de rebondir). On n’est pas loin du Funny Game de HANEKE (le second degré, où d’aucuns voient du cynisme, en moins)… Mais le film prend parallèlement des directions moins ordinaires, qui convoque l’irrationnel, les méandres de la mémoire, et pourquoi pas le malaise (ce que nombre de films du même genre, trop mécaniques, peinent à provoquer). Ce qui nous incite à une certaine empathie pour ce film dont les images restent en mémoire. La dernière séquence, qui visite les coulisses d’un parc d’attraction, où ne prospèrent que des lapins blancs, n’est pas loin de nous faire penser à l’effrayant et étrange décor de Shining

Yves Alion

Film américain de Jordan Peel (2019), avec Lupita Nyongo, Winston Duke, Elisabeth Mos. 1h 56.

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