L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Un homme pressé d'Hervé Mimran

Publié le 5 novembre, 2018 | par @avscci

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Un homme pressé d’Hervé Mimran

Après avoir cosigné ses deux premiers films, Tout ce qui brille et Nous York avec Géraldine NAKACHE, Hervé MIMRAN se jette à l’eau en solo. Un homme pressé n’a de fait aucun lien avec L’Homme pressé, d’Edouard MOLINARO (avec Alain DELON dans le rôle-titre), si ce n’est que dans les deux cas le portrait d’un homme qui pensait avoir le monde dans sa pogne débouche sur une invitation à une humilité qui rime avec humanité. L’homme pressé d’Hervé MIMRAN est un capitaine d’industrie dont chaque seconde est comptée et qui n’attache pas grande importance aux états d’âme de ses proches. Jusqu’au jour où il est victime d’un AVC qui le laisse en piteux état. Incapable dans un premier temps d’avoir le moindre propos intelligible, il doit avoir recours à une orthophoniste pour recouvrer le BA Ba du langage (lui qui était avant son accident un brillant orateur). Sans être un biopic, l’idée du film est venue du témoignage d’un dirigeant de Peugeot, Christian STREIFF, à qui il était arrivé cette mésaventure. Et qui, comme le personnage central du film, avait dû chambouler sa vie quotidienne et revoir la hiérarchie de ses désirs pour désormais privilégier certains plaisirs simples. Sur le papier le propos est généreux et le pitch fait saliver. D’autant que c’est au toujours virevoltant Fabrice LUCHINI que le rôle a échu. Lui dont le verbe pétille en permanence ne serait-il pas des plus émouvants en constatant son implacable désertification linguistique ? Or c’est justement là que le bât blesse, tout étant surligné jusqu’à l’indigestion, LUCHINI se laissant parfois aller en roue libre. Le dernier tiers du film est plus câlin, qui voit le personnage gagner en altruisme et le film quitter les rues de Paris pour nous envelopper dans une nature régénératrice. Il nous arrive à plus d’une reprise à penser à Deux jours à tuer, de Jean BECKER, où Albert DUPONTEL suivait le même itinéraire, mais sans jamais gommer les arêtes vives et la douleur de son changement de cap.

Yves Alion

Film français d’Hervé MIMRAN (2018), avec Fabrice LUCHINI, Leila BEKHTI, Rebecca MARDER. 1h40.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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