L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Un homme intègre de Mohammad Rasoulof

Publié le 9 décembre, 2017 | par @avscci

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Un homme intègre de Mohammad Rasoulof

Le cinéaste Mohammad Rasoulof, privé par le régime iranien de sa liberté de circuler et de travailler depuis septembre 2017, a remporté le prix Un Certain regard lors du dernier Festival de Cannes avec son nouveau film, Un homme intègre, qui attaque de front la généralisation de la corruption dans une société iranienne gangrenée par ses contradictions. On y suit un père de famille qui gère un petit élevage de poissons et doit faire face à la fois à des difficultés économiques personnelles et aux pressions d’une grande compagnie qui cherche à récupérer sa parcelle de terrain pour mener à bien un grand projet immobilier. Pris dans un engrenage implacable, que le cinéaste filme avec une sècheresse de mise en scène qui le rend encore plus oppressant, le personnage finit peu à peu par risquer tout ce qu’il a.
On peut certes reprocher au scénario de multiplier un peu artificiellement les drames touchant la famille, pourtant la démonstration n’en est pas moins magistrale. Le réalisateur ne se contente pas de montrer les pratiques illégales, l’intimidation des puissants sur les faibles, l’extorsion éhontée, il dénonce également avec force tout un système social qui fait rimer intégrité avec lâcheté, et conduit les êtres à une alternative impossible : se soumettre à la force, ou adopter cette même force pour lutter à armes égales avec leurs adversaires. Autant dire que la charge du film contre la société iranienne est d’une rare violence, démontant sans concession l’hypocrisie et l’immoralité éhontées qui en régissent tous les rouages.
Marie-Pauline Mollaret

Lerd. Film iranien de Mohammad Rasoulof (2017), avec Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adab. 1h57.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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