Critique Trois étés de Sandra Kogut

Publié le 13 mars, 2020 | par @avscci

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Trois étés de Sandra Kogut

C’est le premier film de fiction de Sandra Kogut, qui a une longue carrière de documentariste. Selon elle, si les Brésiliens savaient auparavant par cœur les noms des joueurs de leur équipe nationale de football, ils connaissent aujourd’hui parfaitement celui des onze juges de la Cour suprême. L’actualité judiciaire envahit les esprits. Elle a souhaité la montrer des coulisses. Sganarelle et Sancho Pança ont leur point de vue sur le monde des maîtres, fous ou corrompus. Renoir nous le rappelait dans La Règle du jeu. Ici, la gouvernante enthousiaste, solaire, de grands bourgeois cariocas voit passer trois fins d’années successives (c’est l’été austral) entre la gloire et la chute de ses patrons trop riches, trop coupés du réel, trop malhonnêtes. Elle mène la maisonnée avec un sourire et une vitalité quasiment inextinguibles malgré l’effondrement qu’elle vit aux premières loges. On peut même dire que son interprète, Regina Casé, mène le film, tant cette comédienne fascine par son énergie, son rayonnement. Contexte tragique, monde délirant abruti par sa richesse et sa schizophrénie, et au cœur de tout cela, une femme humaine et magnifique. C’est l’irréalité d’un monde partagé entre des bunkers pour milliardaires et des ruisseaux puants réservés aux damnés de la Terre qui nous montre Sandra Kogut, situant précisément son histoire au moment où le pays élit un réactionnaire de la pire espèce.

René Marx

Três verões. Film brésilien de Sandra Kogut (2019), avec Regina Casé, Rogério Fróes, Otavio Müller. 1h33

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