L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique The reports on Sarah and Saleem de Muayad Alayan

Publié le 7 mai, 2019 | par @avscci

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The Reports on Sarah and Saleem de Muayad Alayan

Il est évident qu’en tête des sujets les plus délicats à traiter, et ce depuis des années, se trouve en bonne place le conflit israélo-palestinien. Deuxième long métrage d’un cinéaste israélien, The Reports on Sara and Saleem saute à pieds joints dedans, en tentant de traiter le problème de manière multiple, voire équilibrée. L’astuce narrative pour cela est l’une des plus vieilles du monde : un couple, un Palestinien et une Israélienne, au cœur du conflit. On est ici très loin de Roméo et Juliette. Le couple en question est adultère et leur passion semble plus charnelle et passagère que profonde. C’est là justement la grande idée. Le cinéaste ne filme pas tant leur probable non amour que les répercussions, personnelles, idéologiques, familiales, voire nationales, de leur liaison. Avec sa caméra vive, ses plans parfois arrachés, la mise en scène semble se rapprocher davantage du thriller que du drame sentimental. Mais c’est de bien de cela dont il s’agit, d’une sorte de film d’action où les peuples, les personnages et les institutions se heurtent sas arrêt, parfois frontalement, à travers ces deux amants aux désirs plus passagers et superficiels. Et, lorsque la violence finalement surgit, elle n’est en aucun cas surprenante ou plaquée, mais au contraire parfaitement organique, naturelle, tout à fait à sa place dans le cadre des rapports ici dépeint. Que cette rage affleure en permanence et touche tout, peut être considérée comme une représentation cinématographique de ce conflit.

Pierre-Simon Gutman

Film israélien de Muayad Alayan (2019) avec  Maisa Abd Elhadi, Adeeb Safadi, Sivane Kretchner. 2h12.

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