L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique The House that Jack built de Lars Von Trier

Publié le 16 octobre, 2018 | par @avscci

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The House that Jack Built de Lars von Trier

Facétieux Lars von Trier qui, pour son grand retour cannois (après son bannissement en 2011 suite à ses propos provocateurs sur Hitler) propose le portrait sadique et déjanté d’un serial killer odieux et fier de lui, magistralement incarné par un Matt Dillon gourmand, détestable et hilarant. Car oui, contrairement aux apparences, The house that Jack built est, sinon une franche comédie, du moins un immense pied de nez cinématographique qu’il faut prendre au deuxième, voire au troisième degré. Provocations, irrévérence, grand guignol, le réalisateur danois ne s’interdit aucune outrance pour répondre à ses détracteurs qui le trouvent généralement complaisant avec la violence et humiliant avec les femmes.

Le résultat est inégal, voire foutraque, mélange des genres parfois improbable entre des scènes gore insoutenables (on pense au sort subi par la malheureuse Riley Keough, mais les autres victimes ne sont guère mieux loties) et des discours ultra-pompeux sur la construction des cathédrales ou le musicien Glenn Gould. Formellement, Lars von Trier n’a pas perdu la main, et propose des plans à la beauté d’autant plus troublante, qui sont eux aussi comme autant de clins d’œil à ses habituels contempteurs. Cet esthétisme est comme un écrin à ce que l’humanité compte de plus sombre, révoltant et dégueulasse, personnifié dans un individu à la folie si outrée et à l’absence d’empathie si chronique qu’il est impossible de prendre le film pour autre chose qu’une immense blague (version humour très noir, certes). Dommage alors qu’on s’y ennuie souvent, et qu’à la longue la connivence ne marche plus. Comme à son habitude, le réalisateur semble n’avoir pas su s’arrêter, finissant par nous écœurer à force de surenchère. D’ailleurs on l’imagine bien riant sous cape tandis qu’il nous inflige cette forme d’autoportrait en tueur en série maniaque, artiste autoproclamé, dont chaque crime est envisagé comme une œuvre d’art…

Film américain de Lars von Trier (2018), avec Matt Dillon, Bruno Ganz, Uma Thurman, Riley Keough. 2 h 35

Marie Pauline Mollaret

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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