L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Raoul Taburin de Pierre Godeau

Publié le 26 avril, 2019 | par @avscci

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Raoul Taburin de Pierre Godeau

Adapté d’une bande dessinée de Sempé datant de 1995 (mais les BD de Sempé ne sont-elles pas hors du temps ?), Raoul Taburin nous invite à nous pencher sur le destin d’un homme ordinaire qui s’est taillé une solide réputation dans son village du midi de la France en tant qu’expert en vélos. Or notre homme cache un vice inavouable : il ne sait pas monter à vélo. Tout le suspense du film se situe là, dans l’imposture du héros qui tremble à tout moment de se voir découvert et qui doit pour cela avoir recours aux subterfuges les plus divers. A lecture de ce pitch, le lecteur pourra à bon droit se demander si tout cela n’est pas un peu léger. De fait, ça l’est. Et il ne faut pas se forcer beaucoup pour se demander si les auteurs n’auraient pas pu mettre un peu plus de légumes dans le bouillon (c’est une image). Mais le film est également léger au bon sens du terme, il projette une bonne humeur, une insouciance qui ne font pas de mal. Pour son troisième film (qui n’a que peu en commun avec ses deux premiers), Pierre Godeau s’est adjoint Guillaume Lauran à l’écriture du scénario, à qui l’on doit une partie de la réussite du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Force est de reconnaître que notre homme sait y faire pour trousser une fable du temps présent et que Raoul pourrait très bien être un lointain cousin de la petite Amélie. Mais si le film de Jean-Pierre Jeunet exaltait un savoureux Paris de cartes postales, celui de Pierre Godeau a choisi un village pour écrin. C’est la même nostalgie d’un passé non daté. Le film n’est pas sans évoquer les deux volets du Petit Nicolas, ce qui n’a rien de très étonnant car si le texte de la série était de Goscinny, les dessins portaient bien la signature de Sempé. La poésie pastelle et aérienne du dessinateur est-elle transposable dans un film avec des personnages réels ? La question n’est pas aisée. Il incombe sans doute à chacun d’y répondre selon son humeur du moment, le plus petit frémissement de sa météo personnelle pouvant suffire à en modifier les conclusions…

Yves Alion

Film français de Pierre Godeau (2018), avec Benoît Poelvoorde, Edouard Baer, Suzanne Clément. 1h30.

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