L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Qui m'aime me suive de José Alcala

Publié le 23 mars, 2019 | par @avscci

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Qui m’aime me suive ! de José Alcala

Qui m’aime me suive ! est un cas d’école tant l’écart est grand entre les ambitions que le film affiche avec quelque ostentation et le résultat final. Sur le papier le film possède bien des atouts. Il met en scène un joli trio de comédiens (Catherine Frot, Daniel Auteuil et Bernard Le Coq) qui nous offrent une version senior du Jules et Jim de Truffaut, insistant au passage sur le fait que les sentiments se moquent de l’usure du temps. Nos trois tourtereaux sont d’autant plus intéressants qu’ils portent les illusions fanées des swinging sixties et des pétaradantes années qui ont suivi, où beaucoup se sont plu à réinventer le monde. Avec moins de cruauté (et moins de drôlerie), le film évoque par moments le très décapant Mes meilleurs copains, de Jean-Marie Poiré. Il n’est pas interdit de sentir comme un parfum de nostalgie dans ce film. Ce n’est d’ailleurs pas anodin de voir qu’il a été produit par Robert Guediguian, qui dans ses films (Lady Jane, Les Neiges du Kilimandjaro) n’hésite pas à verser une larme sur les illusions perdues de ses personnages. On le voit, les raisons ne manquent pas qui nous inciteraient à aimer cette comédie douce-amère. Sauf que non. Parce que les comédiens peinent à incarner véritablement ces personnages trop caricaturaux pour nous émouvoir, parce que la façon dont est dépeint le passage du temps semble bien mécanique, parce que le scénario semble vouloir collectionner les clichés (les personnages secondaires semblent débouler sans véritable nécessité, pour bien nous faire comprendre qu’il s’agit d’un feelgood movie). Bref, si l’on prend l’invite du film au pied de la lettre, il faut bien se faire à l’idée que l’on ne le suivra pas…

Yves Alion

Film français de José Alcala (2019), avec Daniel Auteuil, Catherine Frot, Bernard Le Coq. 1h30.

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