L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique No Dormiras de Gustavo Hernández

Publié le 16 mai, 2018 | par @avscci

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No Dormiras de Gustavo Hernández

Les ingrédients de ce film d’horreur sont appétissants. L´insomnie suggérée par le titre fait perdre les repères. Après 108 heures sans dormir, selon un hypothétique calcul annoncé dans le récit, le cerveau rationnel est en panne. Toutes les angoisses, les hallucinations, sont prêtes à terrifier l’individu. Si ce sont des comédiens en répétition qui acceptent cette privation de sommeil, leurs émotions sont décuplées. Mais si ce sont des acteurs, comment le spectateur saura-t-il s’ils se perdent vraiment ou s’il simulent ? Le personnage principal étant une (très) belle jeune fille dotée d’un père frappadingue, comment savoir si elle ne porte pas la folie dans ses gènes ? Si le cadre est l’Uruguay des années 80, comment éviter que la mémoire de la dictature ne parasite le récit ? Si les répétitions ont lieu dans un hôpital psychiatrique désaffecté, les pauvres fous disparus n’ont-ils pas le devoir de hanter les supposés vivants ? Les Autres d’Amenabar nous ont préparé à ces sortes d’effroi à l’espagnole. Ajoutant Darío Argento à ses influences, l’Uruguayen Gustavo Hernandez, qui fabrique les plans-séquence en virtuose, nous propose au menu son second long-métrage en préparant apparemment un plat irréprochable. Mais le rythme n’y est pas, les moments de terreur sont à la fois prévisibles et poussivement amenés. Toutes les intentions se voient comme dans un cahier des charges monotone. Le papier peint se décolle, les baignoires suintent, les portes grincent, les niveaux de réel se chevauchent paresseusement. Eva de Dominici est vraiment (très) belle. Voilà au moins une certitude. RENÉ MARX

Film hispano-argentino-uruguayen de Gustavo Hernández (2018), avec Eva De Dominici, Belen Rueda, Natalia de Molina, Juan Manuel Guilera, Susana Hornos. 1h46. Sortie en salle le 16 mai 2018.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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