L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Moi, Tonya de Craig Gillespie

Publié le 20 février, 2018 | par @avscci

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Moi, Tonya de Craig Gillespie

1994. Un fait divers crapoteux perturbe les Jeux Olympiques de Lillehammer, quand la championne américaine de patinage artistique Nancy Kerrigan est victime d’une agression à la barre de fer fomentée par le mari de sa rivale, Tonya Harding, laquelle devient le vilain petit canard de sa discipline et se voit exclue de sa fédération et stigmatisée par l’opinion publique. En s’attaquant au biopic de ce personnage sulfureux, Craig Gillespie a pris le parti de l’humour et de la charge. Il a choisi pour cela de confier le rôle principal de Moi, Tonya à une authentique reine de beauté, Margot Robbie, qui se livre à un numéro de haute voltige et réussit à rendre touchant ce personnage. Face à elle, une mère abusive d’anthologie que campe Allison Janney à qui sa composition a déjà valu un Golden Globe amplement mérité. On pense volontiers à certaines comédies italiennes de l’âge d’or en assistant à ce calvaire des temps modernes dont Tonya est clairement désignée comme la victime expiatoire, d’abord de sa marâtre frustrée et dérangée, ensuite de son mari et entraîneur, macho abusif et pathétique. On en viendrait presque à oublier que Tonya Harding a marqué l’histoire de son sport en devenant la première Américaine à exécuter un triple axel en compétition. Triomphe d’une volonté qui était sans doute aussi la conséquence du traitement de choc que lui a infligé sa mère. Ajoutez à cela une bande originale de rêve et vous n’aurez que de bonnes raisons d’aller découvrir cette comédie féroce.

Jean-Philippe Guerand

I, Tonya. Film américain de Craig Gillespie (2017), avec Margot Robbie, Sebastian Stan, Allison Janney. 2h01.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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