Critique Mine de rien de Mathias Mlekuz

Publié le 27 février, 2020 | par @avscci

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Mine de rien de Mathias Mlekuz

C’est un conte de fées des temps modernes. Un film social qui emprunte les atours du feelgood movie, ce Graal cinématographique que convoitent désormais à peu près tous les producteurs. Dans un ancien bassin minier dévasté où la population n’a plus que ses yeux pour pleurer et où le plein emploi n’est qu’un souvenir lointain, sinon un mirage, quelques hommes et femmes de bonne volonté décident de faire contre mauvaise fortune bon cœur afin de monter un parc d’attractions sur les vestiges de sa gloire passée. Ils sont sur le carreau et c’est sur le carreau (de la mine) qu’ils vont échafauder ce renouveau dans un esprit baroque qu’aurait aimé le facteur Cheval. Pour son premier film en tant que réalisateur, Mathias Mlekuz, le colosse souriant révélé par Mes enfants chéris, se met en retrait en tant qu’acteur pour signer une comédie dans l’air du temps qui ose aborder des thèmes douloureux sans misérabilisme. Mine de rien s’inscrit dans la lignée des films de Louis Julien-Petit que sont Discount et Les Invisibles, ceux-ci n’ayant fait que transposer dans le paysage français une tradition qu’on a enviée pendant des lustres aux cinémas italien et britannique. On a trop longtemps reproché au cinéma hexagonal de ne pas rendre compte du contexte social contemporain pour ne pas se réjouir aujourd’hui de le voir s’y frotter enfin, en conciliant cet engagement citoyen et en rendant sa primauté au spectacle, sans ajouter du drame à la tragédie. Comment ne pas se reconnaître dans les braves types qu’incarnent à merveille Arnaud Ducret et Philippe Rebbot ? Ce sont eux nos super-héros à nous.

Jean-Philippe Guerand

Film français de Mathias Mlekuz (2019), avec Arnaud Ducret, Philippe Rebbot, Mélanie Bernier 1h25.

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