Critique Fourmi de Julie Rappeneau

Publié le 18 septembre, 2019 | par @avscci

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Fourmi de Julien Rappeneau

Le fils prodigue de Jean-Paul Rappeneau s’est fait connaître comme scénariste (de 36 Quai des Orfèvres ou Cloclo) avant de filmer de ses propres ailes avec Rosalie Blum (2015), d’après un roman graphique de Camille Jourdy. Il porte cette fois à l’écran une bande dessinée de Mario Torrecillas. Dans un cas comme dans l’autre, des histoires quotidiennes fondées sur des personnages singuliers et attachants. L’anti-héros de Fourmi est un père immature qui adore son fils unique, mais peine à assumer ses responsabilités éducatives. Résultat, son ex-femme est toujours là pour veiller au grain. Quant à lui, il se sent aussi à l’aise en copain qu’en papa poule. Un rôle en or pour François Damiens, comique dévastateur et iconoclaste, jamais aussi touchant que lorsqu’il doit faire assaut de tendresse, comme l’a prouvé par le passé La Famille Bélier (2014). Il excelle cette fois sur le registre de la maladresse, face à ce gamin qui aimerait lui rendre confiance et qu’il appelle Fourmi. Alors quand son entraîneur de football lui annonce que le recruteur d’une équipe britannique va venir le voir jouer, le fils voit l’occasion de faire plaisir à son père, quitte à lui mentir… Voici un authentique film pour enfants qui évite la mièvrerie en jouant sur la corde raide des bons sentiments. Un spectacle honnête qui propose une alternative aux super-héros en la personne d’un homme d’aujourd’hui qui a raté son mariage, gâché un peu sa vie et ne se sent pas vraiment à la hauteur pour être un bon père.

Jean-Philippe Guerand

Film français de Julien Rappeneau (2018), avec François Damiens, Maleaume Paquin, André Dussollier. 1h45.




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