L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Les Eternels de Jia Zhangke

Publié le 27 février, 2019 | par @avscci

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Les Eternels de Jia Zhangke

Jusqu’il y a peu Jia Zhangke alternait documentaires et films de fiction. Depuis A touch of sin, qui a clairement inscrit le cinéaste chinois parmi les grands, il semble nous offrir des films dont le romanesque ne dissimule en rien un profond enracinement dans le réel. Les Eternels raconte l’histoire d’un gangster de province, une petite frappe comme il y en a beaucoup. Un soir d’embrouille avec un type de son acabit, notre homme se retrouve en mauvaise posture. Sa petite amie abat le rival… et passe plusieurs années derrière les barreaux. A sa sortie, rien n’est pareil… Le film s’enroule dès lors autour d’une histoire d’amour faite de pleins et de déliés, une histoire d’amour compliquée dont les amants ne sortent évidemment pas sans blessures, une histoire d’amour qui s’étale sur plusieurs années et expose mille facettes de la relation qui se noue parfois entre un homme et une femme.  Les deux comédiens qui prêtent vie au couple, Zhao Tao, Liao Fan sont absolument épatants à rendre compte de la mélancolie, parfois rayée de plusieurs accès de violence, qui baigne le film de part en part. Mais, en sous-texte, Les Eternels raconte l’histoire de la Chine, un pays dont il n’est pas interdit de dire qu’il subit une mutation rapide sans qu’il s’agisse d’un cliché. Les personnages sont alors comme les balises d’un paysage social qui évolue à la vitesse d’un TGV (dont la Chine s’est dotée de façon frénétique au cours des dernières années). Jia Zhangke n’est pas le seul cinéaste chinois à rendre compte des bouleversements qui s’opèrent dans l’empire du milieu. Mais c’est évidemment l’un des plus doués. Et celui dont l’aura dépasse le plus volontiers les frontières du pays. Les Eternels a d’ailleurs été présenté au dernier Festival de Cannes. Pour qui voit ou revoit les films précédents du cinéaste, il n’est pas douteux que celui-ci est le signataire d’une œuvre extrêmement cohérente. A l’instar de son film précédent, Au-delà des montagnes, Les Eternels choisit de dérouler son histoire sur un temps long (Au-delà des montagnes allait encore plus loin, qui nous projetait dans son dernier segment dans le futur). Une belle façon d’aborder le thème du destin, individuel ou collectif.

Yves Alion

Jiānghú érnǚ. Film chinois de Jia Zhangke (2018), avec Zhao Tao, Liao Fan, Xu Zheng. 2h15.

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