L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Le Roi Lion de Jon Favreau

Publié le 17 juillet, 2019 | par @avscci

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Le Roi Lion de Jon Favreau

Il y a quelques années, Gus Van Sant avait surpris son monde avec une idée insolite : un remake plan par plan de Psychose. Le film fut un désastre commercial et on s’est aperçu qu’il tenait moins du Van Sant commercial (ce qu’il sait être) que du Van Sant conceptuel et expérimental, livrant un objet plus à sa place au MoMa. Vingt ans plus tard, il semble que le plus grand studio au monde, Disney, réactive contre toute attente cette expérience. Car son Roi Lion diffère des Aladin ou La Belle et la Bête récents. Ces derniers adaptaient certes les dessins animés assez fidèlement, mais le passage au « live » avec des acteurs modifiaient nécessairement la réalisation, qui prenait en compte le changement. Ici, on passe du 2D classique à une animation par ordinateur proche de la motion capture ultra réaliste. Procédé déjà vu dans Le Livre de la jungle du même cinéaste, Favreau. Mais dans ce film, le réalisateur modifiait lourdement les personnages et la mise en scène. Pour Le Roi Lion, il reproduit plan pour plan toutes les séquences célèbres, ajoutant ici et là quelques dialogues. Il brise ainsi une règle : le passage d’une forme à une autre doit toujours être considéré par la réalisation. En faisant les mêmes plans au même rythme, Favreau oublie l’humanisation extrême, par exemple, des personnages que permettait le dessin. Rien de tel ici, où le photo réalisme des animaux interdit cette approche. Le résultat est donc une sorte de froideur émotionnelle. Le résultat est un étrange objet, spectaculaire techniquement, souvent beau, mais comme désincarné, et hanté par les fantômes plus chaleureux de l’ancienne version.

Pierre-Simon Gutman

Film américain de Jon Favreau avec les voix de Donald Glover, Beyoncé, Seth Rogen, John Oliver. 1H58.

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