L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Le miracle du saint inconnu de Alaa Eddine Aljem

Publié le 8 janvier, 2020 | par @avscci

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Le Miracle du saint inconnu d’Alaa Eddine Aljem

Premier long métrage signé Alaa Eddine Aljem, Le Miracle du saint inconnu est une comédie satirique revigorante qui brosse un portrait contrasté du Maroc. En ouverture, un homme que l’on devine un gangster en fuite s’enfonce dans le désert, et creuse une fausse tombe dans laquelle il dissimule son butin, avant d’être arrêté. Plusieurs années plus tard, il revient chercher l’argent, et découvre avec stupéfaction qu’un mausolée protège désormais le simulacre de sépulture et qu’un village s’est créé juste à côté. Il apprend alors que le tombeau est honoré comme celui d’un Saint inconnu réalisant des miracles…

L’intrigue, savoureuse, s’appuie sur une réalité marocaine : l’existence de nombreux mausolées dédiés à des saints réputés comme très puissants, mais dont on ignore l’identité. Elle est prétexte à une galerie de personnages hauts en couleurs à l’image du gangster lui-même et de son comparse superstitieux, mais aussi d’un docteur désabusé qui n’a rien d’autre que de l’aspirine pour soigner ses patients, qui d’ailleurs ne sont pas réellement malades, et d’un gardien qui préfère son chien à son fils. Les situations, plus absurdes les unes que les autres, permettent au réalisateur d’explorer les contradictions actuelles de son pays, dont les habitants oscillent continuellement entre tradition et modernité, à la recherche d’un projet national commun qui puisse les fédérer et leur permettre d’aller de l’avant. Jamais dogmatique, tout juste gentiment satirique, le film n’entend ainsi jamais donner de leçons. Mais il observe avec humour et bienveillance les stratagèmes, parfois mâtinés d’une dose d’irrationalité, qu’utilise l’être humain lorsqu’il s’agit de s’adapter à un monde qui change.

Marie-Pauline Mollaret

Film marocain d’Alaa Eddine Aljem (2019), avec Younes Bouab, Salah Bensalah, Bouchaib Essamak… 1h 40

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