L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Le jeu de Fred Cavayé

Publié le 16 octobre, 2018 | par @avscci

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Le Jeu de Fred Cavayé

Au cours d’une soirée entre amis, les convives décident de poser leurs téléphones portables au centre de la table et de révéler à l’assemblée tous les messages qui leur seront adressés. On reconnaîtra là une variante au goût du jour du fameux Jeu de la vérité qui avait inspiré un film policier à Robert Hossein en 1961. Ce Jeu-là est en fait le remake du film italien Perfetti sconosciuti (2016) qui a également inspiré à Álex de la Iglesia une version espagnole intitulée Perfectos desconocidos (2017). C’est dire combien les rouages de ce huis clos choral ont pu être éprouvés. Le défi consistait pour Fred Cavayé à s’approprier cette intrigue en réunissant la distribution ad hoc. Pari gagné. Chacun des protagonistes porte son lot de secrets inavouables et fournit ainsi du grain à moudre à des amis pas toujours animés des meilleures intentions. C’est lorsque le vernis craque que le film s’avère le plus convaincant. Là, les masques tombent et cet échantillonnage d’humanité confronté à des turpitudes plus ou moins graves se révèle dans sa pire bassesse. L’habileté du scénario réside dans sa capacité à passer de l’un à l’autre sans en accabler vraiment aucun. Jusqu’à un coup de théâtre final qui remet les pendules de la morale à l’heure, sans être totalement convaincant. Le Jeu consiste en fait à confronter la réalité aux fantasmes, en démontrant que mentir est parfois (souvent) un moyen de préserver les apparences en se soumettant aux règles de bienséance hypocrites de notre société. 

Jean-Philippe Guerand

Film français de Fred Cavayé (2018), avec Bérénice Bejo, Roschdy Zem, Stéphane de Groodt. 1h30

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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