L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique L'adieu de Lulu Wang

Publié le 8 janvier, 2020 | par @avscci

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L’Adieu de Lulu Wang

L’Adieu se penche sur la relation qui s’est nouée entre une jeune adolescente d’origine chinoise mais parfaitement en phase avec le mode de vie américain, sa famille s’étant établie chez l’Oncle Sam, et sa grand-mère, restée au pays. Lorsque cette dernière est atteinte d’un mal incurable (mais elle ne le sait pas), tout le monde retourne au pays, prétextant un mariage dans la famille. Tout le sel du film réside dans ces petits riens qui signalent des us et coutumes radicalement différents d’un continent à l’autre. Le regard que porte cette ado qui au fond ne sait rien de son pays natal est bien sûr celui de la réalisatrice du film, Lulu Wang, qui, elle aussi a émigré avec les siens vers le Nouveau monde. Les accents autobiographiques sont manifestes, la réalisatrice ne cachant pas qu’elle aussi s’apprêtait il y a peu à pleurer sa grand-mère. Mais le film n’est jamais larmoyant, qui joue avec beaucoup de finesse sur le choc des cultures, nous tirant souvent un sourire complice. Un peu comme l’avait fait Ang Lee dans son délicieux premier film, Garçon d’honneur, où il confrontait lui aussi sa nouvelle culture à l’aune de ses racines. Lulu Wang est jeune, mais elle est manifestement intriguée par la mort. L’Adieu est son second film, et le premier, Posthumous (inédit par ici) nous racontait l’histoire d’un artiste qui voyait son œuvre prendre de la valeur dès lors qu’on le croyait mort. Lulu Wang, elle, est bien vivante, et cela ne nous empêche pas de la considérer comme une artiste des plus  prometteuses.

Yves Alion

The Farewell. Film sino-américain de Lulu Wang (2019), avec Awkwafina, Tzi Ma, X Mayo. 1h41.

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