L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Affiche de L'insulte de Ziad Doueiri

Publié le 31 janvier, 2018 | par @avscci

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L’Insulte de Ziad Doueiri

Beyrouth de nos jours. Un ouvrier palestinien pris à parti par un garagiste libanais pour une affaire de gouttière décide de porter l’affaire en justice. Petit à petit, les mots déplacés engendrent des gestes irrémédiables. Au point de transformer ce banal fait divers en une affaire d’Etat qui questionne la société libanaise sur son identité. Metteur en scène réputé de la série Baron noir, Ziad Doueiri a connu récemment des démêlés avec la justice de son pays pour être allé tourner en Israël son long métrage précédent, L’Attentat. Il interroge cette fois sur la capacité de son pays à héberger des communautés étrangères : les Palestiniens hier, comme les Syriens aujourd’hui. Il s’appuie dans L’Insulte sur l’escalade pour souligner la fragilité de ce Liban en proie à une neutralité suicidaire et appelle chacun à ses responsabilités dans un final magistral. Aujourd’hui en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger, L’Insulte témoigne de la virtuosité de Doueiri à travers la diversité des trophées qui lui ont été décernés : la coupe Volpi attribuée à la Mostra de Venise au comédien Kamel El Basha et le Prix du scénario obtenu aux Rencontres cinématographiques de Cannes, où le film a été plébiscité par le public et la critique avec une belle unanimité. Il faut dire que la mise en scène de cette mécanique de précision est brillante sans être ostentatoire et qu’elle sert à merveille un discours qui déborde largement des seules frontières du Liban pour revêtir un caractère universel.

Jean-Philippe Guerand

Film libano-français de Ziad Doueiri (2017), avec Kamel El Basha, Adel Karam, Rita Hayek. 1h52.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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