L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique K.O. de Fabrice Gobert

Publié le 22 juin, 2017 | par @avscci

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K.O. de Fabrice Gobert

Un homme dans le coma voit sa véritable nature émerger peu à peu. Intriguant postulat pour un film en forme de jeu de piste introspectif en équilibre précaire entre réalité et fantasmes. Pas de doute, K.O. lorgne irrésistiblement du côté de Fight Club par son alchimie vénéneuse entre une faune de protagonistes clinquants et arrogants et des pratiques aussi clandestines que sordides. Le réalisateur de Simon Werner a disparu et de la série TV Les revenants ne manque pas de style. Il frôle même parfois la rouerie tant il est au service d’un propos délibérément abscons. Ce que semble interroger ce film déroutant, c’est la noirceur de l’âme humaine. Rien moins. Jusqu’à un dénouement qui remettra en perspective tout ce qui a précédé. Comme dans ces histoires immortelles qui s’achèvent par la formule passe-partout  « C’était un rêve » et nous renvoient à notre propre capacité à accepter un jeu dont on ne nous a pas communiqué la règle au début. K.O. est un projet ambitieux dont les structures fondatrices ont été plantées dans le sable et dès qu’on essaie de trouver une justification à cet échafaudage impressionnant, rien ne va plus. À trop styliser son propos, Fabrice Gobert semble avoir perdu de vue son spectateur. Non pas qu’un thriller métaphysique se doive d’être rigoureusement logique, Mulholland Drive reste une œuvre emblématique du genre dont personne n’a percé le mystère, mais il faut un minimum de cohérence pour qu’on puisse s’y engouffrer. Ce n’est pas vraiment le cas ici.

Jean-Philippe Guerand

Film français de Fabrice Gobert (2017), avec Laurent Lafitte, Chiara Mastroianni, Pio Marmai. 1h 55.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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