L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique How to talk to girls to parties de John Cameron Mitchell

Publié le 20 juin, 2018 | par @avscci

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How to talk to girls at parties de John Cameron Mitchell

Ce nouveau long métrage de John Cameron Mitchell croise deux personnalités artistiques à la fois marquantes et fortement décalées : le cinéaste lui-même, inclassable auteur délirant américain qui tente de concrétiser les promesses foutraques de Shortbus et Hedwig, ainsi que l’auteur de BD et de romans Neil Gaiman, légendaire excentrique en train de devenir, contre toute attente et grâce à American Gods, une institution respectable. Mais les deux artistes n’ont pas choisi le grand délire que l’on pouvait attendre d’eux. Certes, il y a des extraterrestres, des danses bizarres et des costumes barrés dans How to talk to girls at parties. Mais tout cela est au bout du compte anecdotique, des ornements du récit le plus directement autobiographique de Gaiman, évoquant sa jeunesse dans les milieux punks de sa petite ville. La rencontre entre le jeune héros, dessinateur de pochettes imaginaires, et une charmante alien de passage, constitue le prétexte. Car c’est dans la reconstitution de ce temps perdu que Mitchell est à l’aise, que le film déploie vraiment ses ailes, dans cette vision minutieuse d’un paradis forcément perdu, d’une époque fragile et folle, qui n’a duré dans les faits, et en Angleterre, que quelques mois. Le cinéaste confirme que l’émotion et la peinture d’un univers beau et déjà presque brûlé constitue le vrai centre de son cinéma, conférant une émotion authentique, tout de même un peu barré par le bizarre prononcé que l’on est en droit de réclamer de Gaiman et Mitchell.

Film américain de John Cameron Mitchell (2017), avec Alex Sharp, Elle Fanning, Nicole Kidman. 1h 42m.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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