L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Grass de Hong Sang Soo

Publié le 18 décembre, 2018 | par @avscci

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Grass de Hong Sang-Soo

Sans surprise, le deuxième Hong Sang-Soo de l’année 2018 (après Seule sur la plage la nuit) est une énième variation autour du couple et des relations humaines, filmée en lieux clos dans un café et un restaurant où les personnages se croisent, se font écho et se rencontrent. L’argument, comme toujours chez le réalisateur coréen, est confondant de simplicité : plusieurs « duos » (un homme, une femme), se succèdent à une table de café, et parlent de leur vie actuelle et du passé, ou d’un tiers, qui les relie. Un peu à part, une jeune femme les observe, les écoute, et propose en voix off ses propres commentaires à la conversation en cours. Elle est assise derrière un ordinateur qui laisse planer le doute : est-elle une écrivaine qui s’inspire de la vie des gens, ou carrément la scénariste de ces différentes rencontres ? Le film ne tranche pas, et peu importe, au fond, tant il est transparent qu’elle représente à la fois la figure du réalisateur, qui ordonne ce qui se passe à l’écran, et celle du spectateur, qui n’en perd pas une miette.

Hong Sang-soo fait ici la démonstration de la précision de son écriture. Chaque scène est minutieusement construite, jouant sur toute la palette des émotions humaines, et tissant avec le reste du film des correspondances nombreuses qui révèlent peu à peu le fil directeur de ce récit à tiroirs. Le résultat final est un ensemble ultra cohérent, léger et bienveillant, où rien n’est dû au hasard, et dont il se dégage une chaleur humaine inhabituelle chez le cinéaste. Même sa mise en scène habituellement minimaliste nous offre quelques moments de grâce, comme cette séquence finale si finement chorégraphiée que la géographie des lieux et les mouvements des corps suffisent à nous éclairer sur les rapports de chacun avec les autres. De l’intérieur à l’extérieur, d’un plan serré à un plan d’ensemble, les liens se renouent, les émotions se libèrent, les espoirs renaissent.

Marie-Pauline Mollaret

Film sud-coréen de Hong Sang-Soo (2018), avec Kim Min-Hee, Jeong Jin-yeong, Kim Saebyuk. 1h06

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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