L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Glass de M. Night Shyamalan

Publié le 18 janvier, 2019 | par @avscci

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Glass de M. Night Shyamalan

Flashback. En 2001, M. Night Shyamalan, tout auréolé du succès de Sixième sens sort Incassable, l’histoire d’un homme qui découvre son invulnérabilité physique. En 2017, il propose Split, dont le personnage principal est un homme possédant 23 personnalités multiples, plus une controversée et mythique parce que surhumaine : la bête. Avec Glass, il signe donc la fin (bien qu’on ne puisse jamais jurer de rien) de ce qui s’avère désormais comme une trilogie sur les super héros. Qu’on ne s’y méprenne pas : Shyamalan n’est pas un réalisateur de film d’actions, et Glass n’est pas un film de super héros au sens classique du terme. On y passe d’ailleurs plus de temps à parler et réfléchir qu’à casser des immeubles ou combattre des incarnations variées du mal. Les scènes d’action sont même parfois ironiquement lentes et réduites à de petits gestes. En revanche, la rencontre entre David Dunn (le justicier révélé dans Incassable), La bête (l’entité surhumaine découverte dans Split) et Elijah Price (l’homme de verre qui avait permis à Dunn de découvrir ses « pouvoirs ») est un formidable bras de fer psychologique doublé de la seule question qui compte vraiment : et si les super héros existaient pour de vrai, dans notre quotidien, dissimulés dans la foule anonyme des villes ?

S’offrant une jolie critique d’une société qui formate à outrance ses individus (via un personnage qui reproche aux protagonistes d’avoir l’outrecuidance de ne pas se sentir « normaux »), le cinéaste joue ouvertement avec les codes des récits de super héros et propose trois personnages qui sont des archétypes du genre : le « chevalier blanc » prêt à tout pour défendre le bien, le « méchant » qui ne songe qu’à protéger ses intérêts et le « cerveau » qui met toutes ses facultés au service d’un idéal personnel. Le titre l’annonce d’emblée, c’est ce dernier, le fragile mais extrêmement intelligent Mister Glass, qui est au cœur de ce troisième volet, et à qui incombe la tâche de trouver une issue au huis clos oppressant dans lequel nous confine assez vite le film. Plutôt logique (et assez efficace), de laisser enfin le contrôle à celui qui prétendait tirer les ficelles dès le départ. Mais dangereux, aussi, car ce dernier volet très mental risque de sembler décevant aux yeux de ceux qui attendaient un finale explosif et spectaculaire. C’est pourtant tout le contraire, tant on sait gré à Shyamalan d’avoir choisi une voie détournée, plus fine, pour livrer non pas un énième blockbuster opposant le bien et le mal, mais un véritable hymne à la culture des comics et des super-héros, ainsi qu’à la différence et même à une certaine forme de monstruosité.

Marie-Pauline Mollaret

Film américain de M. Night Shyamalan (2019), avec James McAvoy, Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Sarah Paulson. 2h09

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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