L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Affiche de Free Fire de Ben Wheatley

Publié le 16 juin, 2017 | par @avscci

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Free Fire de Ben Wheatley

Ben Wheatley ou l’éternel retour du (plus si) jeune prodige du cinéma anglais. Le sale gosse ayant cassé ses jouets après avoir obtenu son ticket d’entrée dans la cour des grands avec High Rise, œuvre de prestige devenu brulot anarchiste foutraque, le cinéaste revient à l’exercice de style brillant ayant fait sa réputation avec Kill List. Free Fire semble surgir d’un pur concept théorique et geek cinématographique : et pourquoi pas un gunfight unique sur tout un film ? Le metteur en scène applique à la lettre cette pensée, mais au lieu de jouer la surenchère (comme dans un blockbuster asiatique), il situe son film dans un cadre local typique, et met en scène des businessmen internationaux et des Irlandais indépendantistes, le tout dans les indémodables 70s. La virtuosité extrême de la réalisation ne se joue, étonnamment, pas dans la mise en place des acrobaties et des tirs, mais dans la caractérisation succincte et pourtant très réussie des protagonistes, et dans l’humour fatigué qui donne le ton du récit. Il s’agit ici d’une bagarre spectaculaire et épuisée à la fois, alimentée par la lassitude et les malentendus, où l’action surgit toujours des personnages et de leurs interactions. Le tout servi par une distribution fort luxueuse, où certains (Arnie Hammer, en exemple évident) livrent leur meilleure prestation depuis longtemps, dans ce cadre pourtant improbable. Wheatley est donc toujours brillant, il lui manque peu pour être grand.

Pierre-Simon Gutman

Film anglais de Ben Wheatley (2016), avec Cillian Murphy, Arnie Hammer, Brie Larsson, Sharlto Copley. 90 minutes.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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