L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique En liberté de Pierre Salvadori

Publié le 3 novembre, 2018 | par @avscci

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En liberté ! de Pierre Salvadori

Vingt-cinq ans après son premier film, l’épatant Cible émouvante, Pierre Salvadori reste un cinéaste inclassable dont la fantaisie pétille à chaque nouvel opus. En compagnie de Bruno Podalydès, de Jérôme Bonnell et de quelques autres, il a su redonner ses lettres de noblesses à un cinéma de comédie qu’il cherche à rendre intelligent, qui plutôt que d’accumuler les gags les plus lourdingues (et les réparties poujadistes sensées caresser le grand public dans le sens du poil) choisit d’inventer des formes nouvelles, à la fois terrestres et aériennes. Ses personnages sont le plus souvent sinon de purs marginaux, du moins des décalés congénitaux qui rêvent d’une autre vie. Mais l’utopie salvadorienne croise souvent les arabesques de la comédie sentimentale et s’en nourrit. C’est le cas de ce film en liberté (qui porte si bien son nom) qui s’amuse (et nous amuse) à jouer sur les poncifs, les fantasmes, les formes cinématographiques et nous entraîne dans une aventure tourbillonnante où se croisent un flic ripou, un innocent frapadingue et une veuve au grand cœur, un polar buissonnier où les flash-backs épousent les faux-semblants, au service d’une trame qui sous une autre signature aurait pu déboucher sur un sombre drame. Parce que Salvadori n’a pas son pareil pour tenir cet équilibre instable qui détaille toutes les blessures que la vie nous inflige sans jamais faire mine de s’en émouvoir plus que de raison. Du grand art.

Yves Alion

Film français de Pierre Salvadori (2018), avec Adèle HAENEL, Pio MARMAI, Audrey TAUTOU. 1h48.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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