L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Du Soleil dans mes yeux de Nicolas Giraud

Publié le 17 avril, 2018 | par @avscci

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Du soleil dans mes yeux de Nicolas Giraud

C’est d’abord en tant que comédien que l’on connait Nicolas Giraud, qui a aligné pendant des années les rôles les plus divers (Tchékhov pour René Féret, le soupirant d’Adèle Blanc-Sec chez Besson ou encore l’un des deux garçons de Voir la mer, de Leconte, etc.). Il a réalisé il y a peu un court métrage prometteur, Faiblesses, qui avait été sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes. Le long métrage était attendu. Le voici… Du soleil dans mes yeux est à l’inverse de ces films qui roulent les mécaniques, se faisant annoncer à coup de trompettes, c’est au contraire un film en demi-teinte, qui se « contente » de raconter la rencontre entre un homme (qu’incarne Giraud, on n’est jamais mieux servi que par soi-même) et une femme. Rencontre qui débouche sur une histoire d’amour. La trame est on le voit des plus classiques. Ce qui fait la différence et rend le film plus qu’attachant, c’est le traitement, la marque personnelle du cinéaste. Les personnages, d’abord : elle est borderline, il est taiseux, et leur histoire n’a rien d’évidente tant ces deux-là semblent se chercher, pas nécessairement convaincus qu’ils vont trouver en l’autre toutes les réponses à leur mal-être, à leur errance. Sans être réellement révolutionnaire la façon dont Nicolas Giraud fait vivre ses personnages est assez atypique. Il ne cherche pas à les expliquer, ils ne se définissent d’ailleurs pas vraiment par des mots. Mais il nous les fait sentir. Le film est à cet égard d’une grande sensualité, et pas seulement pour ce qui concerne les corps. Il ne joue jamais la montre, sais prendre son temps, le temps qui nous est nécessaire pour apprivoiser les deux protagonistes, le temps qui peut-être ne s’écoule pas de la même manière dans ce coin de province où chacun peut trouver le loisir de sentir la vie passer. Nicolas Giraud n’a évidemment pas cherché à provoquer, il se contente de dérouler son histoire avec la sincérité et la sensibilité qui sont les siennes, mais son film, en apparence modeste (en apparence !) est de ceux qui nous titillent longtemps et restent gravés dans nos mémoires.

Yves Alion

Film français de Nicolas Giraud (2018), avec Clara Ponsot, Nicolas Giraud, Hélène Vincent. 1h26.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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