L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Donbass de Sergei Loznitsa - Critique de la semaine Avant-Scène Cinéma

Publié le 27 septembre, 2018 | par @avscci

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Donbass de Sergei Loznitsa

Sergueï Loznitsa n’est pas un nouveau venu dans le paysage cinématographique. Présenté à Cannes, son film précédent, Une femme douce avait enchanté les uns (par son invention formelle) et agacé les autres (par son surréalisme de pacotille). Le réalisateur est également signataire d’un documentaire, Maïdan, sur cette manifestation à Kiev qui a rebattu les cartes géopolitiques de toute une région. Les événements se sont enchaînés : un gouvernement pro-occidental règne désormais en Ukraine, mais les provinces de l’Est, à commencer par le Donbass, ont fait sécession pour demeurer dans l’orbite russe… C’est de la drôle de guerre qui oppose les deux camps que traite le nouveau film de Loznitsa. Une guerre qui ne veut pas dire son nom, une guerre faite de coups-fourrés, où les mafias locales se régalent sur le dos de populations en otage. Le film se déroule en treize épisodes indépendants qui convergent vers le même constat, celui d’un conflit où se mêlent l’horreur et l’absurdité. Chaque épisode est comme la visite guidée d’un musée horrifique où la veulerie, la violence, la noirceur gagnent à tous les coups. C’est parfois drôle (l’humour est ici très noir), mais c’est le plus souvent vomitif… Quand un homme est pris à partie par la foule qui entend bien le lyncher ou quand les figurants d’un faux documentaire sont passés par les armes afin que nul ne révèle les artifices du décor. Le dégout devient général. Mais le film n’en fascine pas moins par sa crudité, son absence de demi-teintes politiquement correctes (les deux camps en prennent également pour leur grade), et sa mise en scène. Certains plans-séquences resteront, soyons-en certains, dans les annales…

Yves Alion

Film  russe de Sergei Loznitsa (2018), avec  Boris Kamorzin, Valeriu Andriutã, Tamara Yatsenko. 2h01

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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