Critique Daphné de Peter Mackie Burns

Publié le 2 mai, 2018 | par @avscci

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Daphné de Peter Mackie Burns

Radicale, excessive, Daphné la rousse mène sa vie à l’écart des règles, dans le Londres agité d’Elephant and Castle. Sortant chaque nuit du restaurant où elle travaille consciencieusement, elle part à l’aventure, boit et enchaîne les rencontres sans engagement. Elle a l’équilibre parfait des égoïstes sûrs d’eux, que rien ne saurait mettre en danger. Le danger, elle y fait face, elle l’aime. Rien ne peut la troubler, pas même sa mère (abusive ou merveilleuse ?). Rien, sauf le hasard d’un événement auquel elle assiste, qui ne la concerne qu’indirectement, qu’elle croit pouvoir encaisser comme les autres et qui vient bousculer sa routine d’aventurière sans peur. Pour son premier long métrage, Peter Mackie Burns fabrique un univers cohérent, poétique, des nuits londoniennes qui ont presque la force des nuits new-yorkaises de Taxi Driver. Une mise en images habile, pensée par un débutant déjà passé par le court métrage et la télévision et son coscénariste Nico Mensiga. Emily Beecham, qu’on avait aperçue chez les frères Coen en 2016, a une présence rare, incarnant un personnage intelligent, entier, insolent, dont l’armure se fissure peu à peu, dans une tension dramatique sans aucun temps mort. Face à elle, l’inconnu Nathaniel Martello-White, en colosse au cœur lucide, construit un possible amoureux drôle, imprévu, émouvant.

René Marx

Film britannique de Peter Mackie Burns (2017), avec Emily Beecham, Tom Vaughan-Lawlor, Nathaniel Martello-White, Geraldine James. 1h27

Critique en partenariat avec l’ESRA.




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