L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Continuer de Joachim Lafosse

Publié le 26 janvier, 2019 | par @avscci

0

Continuer de Joachim Lafosse

En lisant le roman Continuer de Laurent Mauvgnier, le cinéaste belge Joachim Lafosse a perçu un écho avec sa propre vie, et notamment avec la relation qu’il entretient avec sa mère. Se sentant le besoin de défendre envers et contre tous Samuel, le personnage du fils, il a alors décidé sans hésiter de se lancer dans l’adaptation du livre. C’est ainsi qu’est né ce projet de road movie intime, entre un adolescent sans cesse en colère et sa mère désemparée mais combative.

Dans les splendides paysages du Kirghizistan, magnifiés par la mise en scène ample et posée du réalisateur, se (dé)noue donc un drame familial dont on ne connaîtra que des bribes. Le contexte et le passé des personnages intéressent moins Joachim Lafosse que la relation ténue et ultrasensible qui relie en dents de scie les deux protagonistes. Construisant un récit malgré tout romanesque et rythmé, il observe la fluctuation des sentiments et les non-dits, entre débordements d’émotions et mutisme pudique.

Si l’on peut trouver la dernière partie un poil mécanique dans sa nécessité de créer une ultime opposition frontale entre les personnages et aller jusqu’à un climax artificiel, d’autres séquences en état de grâce nous emportent, comme la communion muette entre Samuel et des paysans kirghizes autour de leur amour commun des chevaux, ou une séquence suspendue et d’une infinie douceur qui réunit le fils et la mère face à un lever de soleil. On se laisse alors séduire par un récit qui à bien des égards semble banal, et dont les multiples détails dessinent au contraire une œuvre singulière et forte.

Marie-Pauline Mollaret

Film franco-belge de Joachim Lafosse (2018), avec Virginie Efira, Kacey Mottet Klein, Diego Martín. 1h24

Critique en partenariat avec l’ESRA.

  • 7
  •  
  •  
  •  




Back to Top ↑